
Résumé de l’épisode précédent : alors que j’avais pu voir Rec premier du nom dans des conditions on ne peut plus idéales (ça ressemblait à une projection privée), je ne pouvais que déclarer toute mon affection pour ce film qui avait été pour moi un véritable ride, une plongée en plein coeur de l’horreur zombiesque.
Résumé de l’épisode qui suit : alors que j’ai vu Rec 2 dans des conditions totalement différentes (avec des amis, et du monde dans la salle), je ne peux que déclarer toute ma circonspection pour ce film qui n’a pas vraiment été pour un moi un ride, mais plutôt une plongée en plein coeur de l’horreur « whathefuquesque ».
Attention : cet article pourrait contenir des spoilers sur la structure du récit et sur quelques autres (gros) points.
Parlons sensations d’abord : Rec 2 m’a fait peur (normal), il m’a fait rire (là c’est plus gênant) et m’a plutôt fichu en rogne (là ça ne va vraiment pas).
Pourquoi m’a t’il fait peur ?
Parce que par moments on retrouve la grande efficacité du premier épisode. Le savoir des deux cinéastes est encore bel et bien là. Le travail abattu semble important, la multiplication des points de vue de ces guerriers au casque orné de caméra n’a pas dû être simple à gérer.
Débarquent alors une horde de zombie, au grand appétit, à la rage toute aussi imposante. On est à l’aise dans nos baskets, ou bien non, pas vraiment, mais tant mieux, on retrouve avec bonheur les sensations du premier épisode.
On se dit, que malgré leur entrainement, leur armement (qui rassurent au tout début du film) ils ne se débrouillent pas mieux que les protagonistes du premier épisode. Au contraire.
Et là, c’est le drame.
La personne accompagnant ce petit groupe de têtes brulées, prononce des phrases à caractère religieux, sort son crucifix, et réussit à stopper net un zombie.
C’est plus fort que moi, je prononce alors ces quelques mots : « what the fuck ? ».
A partir de là, je ne suis plus du tout à l’aise dans mes baskets. La promotion du film, le pitch, le premier épisode, me font venir en salle pour regarder un film de zombie, et on me donne tout autre chose : un film de possession aux relents religieux.
S’accumulent alors des scènes improbables, des explications qui le sont tout autant. Je m’aperçois que Jaume Balagueró nous refait encore le même coup qu’il y a quelques années. Il a été connu grâce à l’excellent La secte sans nom. Il avait ensuite réalisé Darkness qui reprenait une bonne part des éléments de sa première oeuvre. Dans Rec 2, on a de nouveau droit à une histoire de secte obscure, à des bestioles qui marchent au plafond (je vous l’ai dis, ce n’est pas un film de zombies), etc etc…
Je comprends donc la grande colère de certains fans, se sentant alors trahis, arnaqué.
Personnellement, ce qui me met en colère, c’est que le film impose une vision différente du premier épisode. Toute cette histoire « nawakesque » qui gangrène Rec 2 s’attaquera évidemment désormais au premier lors du prochain visionnage.
Comme dit plus haut, l’aspect ride du premier m’avait beaucoup plu. Il était linéaire, on embrassait le point de vue du porteur de la caméra et on souffrait pour lui, on se laissait porter.
Ici, dans la séquelle, ce n’est pas le cas du tout. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il y a un nombre pas possible de points de vue, et aussi parce que le récit n’est plus linéaire du tout. C’est peut être pour moi l’une des plus grande erreurs du film. Celui-ci est coupé en trois parties. Les deux premières sont attachées, chacune, à un groupe différent et la dernière les voit se regrouper.
Je passerais sur les scènes qui ont fait rire toute la salle (dont moi…).
Malheureusement, Rec 2 tombe dans tout les travers d’une suite ultra boursoufflée. Les instigateurs veulent en faire trop, expliquent trop, montrent trop. Et au bout d’un moment, trop c’est trop.
Pour moi, Rec 2 a été plaisant à voir comme une série B agréable à partager avec ses potes avec qui on pourra franchement s’éclater et en discuter après la projection (ça été mon cas, et j’ai vraiment apprécié).
Si c’est pour le voir de la même manière que le premier, ce n’est vraiment pas la peine.
Alors évidemment, Rec 2 appelle plus que jamais à une suite (déjà annoncée). Je l’attendrais avec une certaine curiosité car je me demande jusqu’où oseront ils encore aller.
janvier 6th, 2010 massacré par Desperate Zombie | 7 Commentaires »