critique de film

La Horde : avis

Affirmer que La Horde était attendu serait un euphémisme. Surtout que l’un de ses instigateurs (Yannick Dahan) est un critique ciné connu des passionnés pour ses coups de cœur aussi forts que ses coups de gueule. Autant dire qu’il était plutôt attendu au tournant.

Je suis allé voir le film hier soir à une avant première Parisienne avec un sentiment assez bizarre. Je ressentais une certaine impatience mais également de la peur. Peur d’être horriblement déçu. Les critiques quasi unanimement plutôt négatives (en tout cas pour ce qui est de la presse papier) n’ont pas arrangé cet état. Surtout que la France n’est pas réputée pour son cinéma de genre.

L’avant première commença dés l’arrivée dans le cinéma. Les membres de l’équipe du film (réalisateurs, scénaristes, acteurs) étaient là à discuter tranquillement en plein milieu de la foule. Une fois installé dans la salle de ciné qui débordait de monde (ils ont dû installer des sièges supplémentaires) les deux réalisateurs prirent place devant la toile. Ils tinrent tout les deux un discours similaire : le film n’a pas été facile à monter, il a été fait pour le public, il n’y a pas de sous texte, les spectateurs ne doivent pas hésiter à s’exprimer pendant la projection (applaudir, rire, hurler, etc…). Cet enthousiasme, ce véritable amour du film fait plaisir. Surtout que les acteurs qui débarqueront ensuite aussi tinrent un peu le même discours.
Là j’eus un doute : je viens voir un film premier degrés et on m’invite à rire. Dois je me moquer du film ?

A l’inverse de la projection des films japonais ce week-end à l’Absurde Séance (voir ici), je sortis de la projection avec la patate. J’étais comme électrisé, plein d’euphorie. Des mots me revenaient sans cesse en tête : fun, génial, violent, hargneux, drôle et…badass !!!

Vu leur note d’intention, les scénaristes et réalisateurs (Dahan, Rocher, Moïssakis, et Bordas) ont réussi leur pari. A aucun moment ils ont dit qu’il avaient fait un grand film complexe et profond.

Alors non, je ne suis pas déçu, j’ai même été très agréablement surpris. La Horde est très efficace. Il zappe rapidement tout l’aspect psychologique, la présentation des personnages, le contexte, etc…
Pourquoi s’embêter à présenter tout ça pendant 30 minutes au début du film alors que ça peut se faire pendant le film en lui même ? Chaque personnage est caractérisé par son allure, par ses actes. Son background se sent durant le fim.
La Horde fonce en ligne droite, c’est à dire du haut de l’immeuble jusqu’au rez de chaussé.

Efficace, La Horde l’est, drôle aussi. Je m’attendais moins à cet aspect. Pourtant c’est un fait. Les instigateurs du film ne se prennent pas au sérieux. Je ne compte pas le nombre de fois où la salle a éclaté de rire (moi avec). Alors attention, non La Horde n’est pas une comédie zombiesque comme peut l’être Shaun Of The Dead. C’est juste un polar qui devient un pur film de zombie orné de pastilles comiques. Vous me suivez ?

Le film est bourrin car chaque zombie se prend des milliers de bastos, de coups de poings, de couteaux, de hache, etc… Il l’est aussi de par son sound design. La musique est puissante, le son est lourd (les hurlements des zombies), très grave. Parfois les dialogues sont inaudibles. Peut être est ce voulu, pour imposer l’aspect chaotique.
Devant certaines scènes pleine de hargne supra exagérée le public hurlait de joie, de jouissance même !

Les personnages sont plutôt bien dessinés, esquissés devraient-je dire car ils ont leur part d’ombre. On ne nous explique pas tout. Je serais presque tenté de dire qu’on ne nous explique quasiment rien. Ils sont par contre très caractérisés tel des personnages de BD ou de jeux vidéo.
D’ailleurs, on retrouve ici une des références (involontaire celle-ci, merci Trypode pour la précision)  : Assaut. En effet, tout comme dans ce grand film de Big John, les plus ou moins bons, s’allient aux plus moins mauvais pour faire face à une menace commune.
Gros coup de cœur pour le personnage de René (Yves Pignot) qui n’est lié à aucun des fronts, et qui apporte au film un côté délirant de Tonton Flingueur typiquement français.

Il faut souligner que le film a aussi des passages plutôt effrayants et une scène tout particulièrement dérangeante.

La photographie est vraiment léchée (en tout cas pour 99% du film). Les effets spéciaux le sont tout autant. On remarquera juste un peu de sang numérique et une scène sur fond vert qui ne sont franchement pas gênants.

Le film est très violent mais pas forcément très gore (il n’est qu’interdit au moins de 12 ans).

J’avais très peur que l’interprétation ne soit pas à niveau. Je dirais qu’elle est très inégale selon les interprètes. Les acteurs ont en tout cas le mérite d’avoir de vraies gueules, des voix et un sacré charisme.

Donc pour résumer, oui j’ai adoré ce film. Je dirais même que je souhaite de tout coeur le soutenir. Ce type d’oeuvre est rare chez nous (je serais tenté de dire qu’elle est unique) et qu’elle a en plus le mérite d’avoir été faite avec une profonde honnêteté et humilité.
Elle n’est certes pas parfaite, mais c’est le premier film de ses instigateurs il ne faut pas l’oublier. Et en tant que tel je ne peux que dire chapeau.

Ce film, fait par des critiques (en dehors de Rocher, ils l’ont tous été) a été créé pour le public ça c’est certain. Sans doute moins pour les critiques. J’aime cette ironie.

Pour reprendre la délicate réplique du film : allez voir le film bande d’enculés !!!!

février 10th, 2010 massacré par Desperate Zombie | 19 Commentaires »

Tokyo Gore Police & Vampire Girl VS Frankenstein Girl : avis

A l’occasion de l’Absurde Séance de Paris j’ai pu voir Tokyo Gore Police ainsi que Vampire Girl VS Frankenstein Girl.

Au lieu de donner mon avis d’une manière séparée, je vais plutôt les croiser. Pourquoi ? Parce que je les ai vu en double programme et parce qu’ils font finalement parti de la même famille.

Tout d’abord le pitch de Tokyo Gore Police :
Une flic intégrée à un groupe de barjots traque les pires mutants qui pullulent sur terre. Derrière ce phénomène se cache un savant fou fanatique d’expériences en tout genre.

Le pitch de Vampire Girl VS Frankenstein Girl :
C’est l’histoire de deux écolières amoureuses du même garçon : Mizushima. La première fille amoureuse est sa petite amie (qui aura un peu forcé la chose) et la seconde est sa prétendante qui est nouvelle, kawaï mais aussi très mystérieuse.
On apprend très rapidement que c’est en fait un vampire et qu’elle souhaite faire de lui son compagnon immortel. Mais c’est sans compter sans la petite amie de Mizushima qui ne souhaite pas laisser passer ça. Après sa mort elle revient pour empêcher cette idylle. S’en suit alors un combat mortel.

Depuis quelques années un certain type de film japonais a débarqué. Je ne pense pas qu’il y ait un nom pour ce genre. On peut le résumer par ces adjectifs : ultra gores, crétins, fous, sans limites, etc…
L’autre particularité de ces films : on les doit un peu à la même team. Pour résumer on retrouve au moins une personne dans ces films : Yoshihiro Nishimura. Il signe toujours les effets spéciaux de ces films et en réalise même certains.

Pour The Machine Girl (qui a en quelque sorte lancé la mode et que je n’ai toujours pas vu) il a réalisé les effets spéciaux, pour Meatball Machine (que j’ai vu et plutôt pas mal apprécié) la même chose. Avec Tokyo Gore Police (Tôkyô zankoku keisatsu) et Vampire Girl VS Frankenstein Girl (Kyûketsu Shôjo tai Shôjo Furanken) il a semble t’il décidé d’aller plus loin puisqu’il réalise le premier et co-réalise le second avec le scénariste Naoyuki Tomomatsu.

Pour un artiste comme Yoshihiro Nishimura, ce type de film est parfait pour exprimer toute l’étendu de ses talents. Et autant le dire : il se lâche totalement. On peut par exemple avoir l’impression que Tokyo Gore Police est son bébé. Dans celui-ci il étale une quantité impressionnante de créatures. Son inventivité va vraiment très loin. En plus, il ne se contente pas de créatures basiques puisque celles-ci sont amenées à muter selon les dommages qu’elles subissent. On passe d’une femme aux jambes remplacées par une impressionnante machoire, à une femme escargot (?!), et à une femme chaise (?!!!?).
Petite précision sur cette dernière créature : elle n’a certes pas de tête, mais elle a un sexe qui lui permet…d’uriner sur son public médusé…
On peut y croiser aussi une créature qui a un sexe gigantesque.
On se rend bien vite compte que le créateur a autant d’imagination qu’un certain mauvais goût bien particulier. Mais pas de malaise ici, le tout est présenté dans une bonne humeur bien communicative.
Vampire Girl VS Frankenstein Girl semble lui plutôt léger de ce côté. Même si « léger » n’est pas un adjectif qui colle vraiment à ces films. Yoshihiro Nishimura semble plus bridé par l’histoire. C’est du coup bien moins original car on pensera bien souvent à Re-Animator 2.

Le travail de Yoshihiro Nishimura sur ses créations est impressionnant. Mais malheureusement le tout a tendance à être gâché par une photographie, une réalisation et certains effets carrément Z.
Ça a tendance à faire rire mais aussi à atterrer.

Si les effets spéciaux sont outranciers, le jeu des actrices et acteurs dans ces deux films l’est tout autant. Seule Eihi Shiina nous offre de nouveau (après Audition) son fameux jeu tout aussi glacial que sensuel.

Pour ce qui est du scénario des deux films, bien qu’ils semblent différents, ils reprennent les ingrédients du genre dont je vous ai parlé au début de cet article : un savant fou, des expérimentations qui dépasse toutes les limites, une vengeance, etc…
Ces ingrédients sont évidement des prétextes pour offrir le maximum de folie et de gore.

Voir ces deux films à la suite aura permis de constater des éléments humoristiques récurrents et parfois limites. Il y a les moqueries sur ces lycéennes qui se taillade les veines (devenu un sport dans Vampire Girl VS Frankenstein Girl) mais aussi de gros préjugés à la limite (ou carrément) racistes sur les chinois et blacks (tous interprétés par des Japonais très grossièrement maquillés).

Ce double programme aura également permis de voir que ces deux films ont un rythme très différent. Tokyo Gore Police est un moyen pour Yoshihiro Nishimura d’étaler ses créations. Le film est alors totalement saturé de gore, de monstres au dépend du scénario et donc du rythme qui devient alors franchement soporifique tant la lassitude est forte.
Ce n’est pas forcément le cas de Vampire Girl VS Frankenstein Girl qui est lui bien moins saturé mais qui est par contre agrémenté de scènes, de dialogues d’une grande légèreté (pour ne pas dire bêtise) qui rappellera pas mal de souvenirs aux habitués de mangas et d’animés. Et pour cause ! Ce film est en fait tiré du manga Kyûketsu Shôjo tai Shôjo Furanken.

Vampire Girl VS Frankenstein Girl laisse du coup une meilleure impression surtout grâce à cette fin très drôle qui fait (peut être sans le vouloir) écho à celle de Morse !

Pour résumer, ce ne sont clairement pas des chefs d’œuvres, (très très) loin de là. Ce sont deux films à surtout grignoter par petits bouts avec une bande d’amis adeptes d’œuvres crétines, ultra gores et nawakesques.

Retrouvez ici les articles (fausses pubs, trailers) sur Tokyo Gore Police. Le trailer de Vampire Girl VS Frankenstein Girl est .

En bonus, voici le trailer de Robo-geisha (de Noboru Iguchi) qui a été diffusé pendant soirée Gore Japan. Ca promet d’être encore une fois particulièrement timbré. On peut apprécier l’excellente musique ainsi que la voix (et l’anglais) de la voix off…

Image de prévisualisation YouTube
février 8th, 2010 massacré par Desperate Zombie | 8 Commentaires »

[Critique] [Rec] 2 : une arnaque ?

Résumé de l’épisode précédent : alors que j’avais pu voir Rec premier du nom dans des conditions on ne peut plus idéales (ça ressemblait à une projection privée), je ne pouvais que déclarer toute mon affection pour ce film qui avait été pour moi un véritable ride, une plongée en plein coeur de l’horreur zombiesque.

Résumé de l’épisode qui suit : alors que j’ai vu Rec 2 dans des conditions totalement différentes (avec des amis, et du monde dans la salle), je ne peux que déclarer toute ma circonspection pour ce film qui n’a pas vraiment été pour un moi un ride, mais plutôt une plongée en plein coeur de l’horreur « whathefuquesque ».

Attention : cet article pourrait contenir des spoilers sur la structure du récit et sur quelques autres (gros) points.

Parlons sensations d’abord : Rec 2 m’a fait peur (normal), il m’a fait rire (là c’est plus gênant) et m’a plutôt fichu en rogne (là ça ne va vraiment pas).

Pourquoi m’a t’il fait peur ?
Parce que par moments on retrouve la grande efficacité du  premier épisode. Le savoir des deux cinéastes est encore bel et bien là. Le travail abattu semble important, la multiplication des points de vue de ces guerriers au casque orné de caméra n’a pas dû être simple à gérer.
Débarquent alors une horde de zombie, au grand appétit, à la rage toute aussi imposante. On est à l’aise dans nos baskets, ou bien non, pas vraiment, mais tant mieux, on retrouve avec bonheur les sensations du premier épisode.
On se dit, que malgré leur entrainement, leur armement (qui rassurent au tout début du film) ils ne se débrouillent pas mieux que les protagonistes du premier épisode. Au contraire.

Et là, c’est le drame.
La personne accompagnant ce petit groupe de têtes brulées, prononce des phrases à caractère religieux, sort son crucifix, et réussit à stopper net un zombie.
C’est plus fort que moi, je prononce alors ces quelques mots : « what the fuck ? ».
A partir de là, je ne suis plus du tout à l’aise dans mes baskets. La promotion du film, le pitch, le premier épisode, me font venir en salle pour regarder un film de zombie, et on me donne tout autre chose : un film de possession aux relents religieux.
S’accumulent alors des scènes improbables, des explications qui le sont tout autant. Je m’aperçois que Jaume Balagueró nous refait encore le même coup qu’il y a quelques années. Il a été connu grâce à l’excellent La secte sans nom. Il avait ensuite réalisé Darkness qui reprenait une bonne part des éléments de sa première oeuvre. Dans Rec 2, on a de nouveau droit à une histoire de secte obscure, à des bestioles qui marchent au plafond (je vous l’ai dis, ce n’est pas un film de zombies), etc etc…
Je comprends donc la grande colère de certains fans, se sentant alors trahis, arnaqué.

Personnellement, ce qui me met en colère, c’est que le film impose une vision différente du premier épisode. Toute cette histoire « nawakesque » qui gangrène Rec 2 s’attaquera évidemment désormais au premier lors du prochain visionnage.

Comme dit plus haut, l’aspect ride du premier m’avait beaucoup plu. Il était linéaire, on embrassait le point de vue du porteur de la caméra et on souffrait pour lui, on se laissait porter.
Ici, dans la séquelle, ce n’est pas le cas du tout. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il y a un nombre pas possible de points de vue, et aussi parce que le récit n’est plus linéaire du tout. C’est peut être pour moi l’une des plus grande erreurs du film. Celui-ci est coupé en trois parties. Les deux premières sont attachées, chacune,  à un groupe différent et la dernière les voit se regrouper.

Je passerais sur les scènes qui ont fait rire toute la salle (dont moi…).

Malheureusement, Rec 2 tombe dans tout les travers d’une suite ultra boursoufflée. Les instigateurs veulent en faire trop, expliquent trop, montrent trop. Et au bout d’un moment, trop c’est trop.

Pour moi, Rec 2 a été plaisant à voir comme une série B agréable à partager avec ses potes avec qui on pourra franchement s’éclater et en discuter après la projection (ça été mon cas, et j’ai vraiment apprécié).
Si c’est pour le voir de la même manière que le premier, ce n’est vraiment pas la peine.

Alors évidemment, Rec 2 appelle plus que jamais à une suite (déjà annoncée). Je l’attendrais avec une certaine curiosité car je me demande jusqu’où oseront ils encore aller.

janvier 6th, 2010 massacré par Desperate Zombie | 7 Commentaires »

Zombieland : avis (+ Zombie Night Paris 2009)

ZOMBIELAND

(suite de l’article sur la Zombie Walk)

La Zombie Night

Halloween s’est donc poursuivi (et terminé) d’une bien belle manière ! En quelque sorte, les « zombie walkers » ce sont retrouvés pour se reposer tout en regardant d’autres zombies marcher sur l’écran du Nouveau Latina.
La (petite) salle s’est bien vite remplie, il n’y avait plus une salle place de libre. Dés le début l’ambiance était excellente, tout le monde était là pour s’éclater en regardant des bandes délirantes.
En dehors des 3 films qui ont été diffusés, on a pu voir pas mal de trailers (pour la plupart des raretés bis et Z bien jouissives). La soirée a été aussi ponctuée par une présentation fun et zombiesque. Les spectateurs on pu gagner des exemplaires de Orgueil et Préjugés et Zombie (que je suis entrain de lire, je vous en parlerais bientôt). On nous a également offert des numéros de Brazil (celui dont je vous avais parlé).
La soirée a donc commencé avec Zombieland (dont je vous parle plus loin dans cet article). Elle s’est ensuite poursuivie avec Villemolle 81, le Z de Winshluss qui est un vrai mélange entre les émissions TV Strip Tease et Groland avec un zombie flick ! C’est tout à fait le genre de film qui assume son manque (ultra) flagrant de moyen et qui du coup finit par en jouer (voir les scènes de poursuites avec des voitures miniatures). Un vrai bon petit Z qui réussit (et c’est rare) à avoir sa propre identité.
Enfin, vers 4 heures du matin, le film pas du tout surprise a déboulé sur l’écran : Braindead. Pour certains ce fut une très belle découverte, pour d’autres (comme moi) ça été un vrai plaisir de revoir ce film en salle. En dehors de son horrible doublage français, le film n’a pas pris une ride. Il est toujours aussi dégueulasse, fun, con, et méga gore. Un véritable chef d’oeuvre éternel du genre.

Zombieland

LE gros morceau de la soirée était évidemment la diffusion (1 mois en avance !) de ce zombie flick très attendu (dont par moi, la preuve , ici et aussi ).

Je restais tout de même franchement très méfiant malgré des trailers vraiment jouissifs. Le tout sentait pas mal la vulgarisation du zombie flick, et Ruben Fleischer, inconnu au bataillon, n’avait jamais rien fait du tout de lié au genre.
J’ai eu la chance de découvrir ce film dans les conditions idéales : une bonne salle de ciné, le film diffusé en VOST, et une ambiance du tonnerre !
Autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré Zombieland ! N’allez pas le voir en pensant voir un film ultra angoissant, violent et sombre car vous ne vous y retrouverez pas. Par contre, si vous vous attendez à une oeuvre très fun et respectueuse du genre, vous ne serez pas du tout déçu !
Avec un peu de recul, je me dis que Zombieland est une sorte de mélange entre le zombie flick classique (mais moderne) et une oeuvre de Jude Apatow.  Ce qui, venant de moi, est un vrai gros compliment.
Les vieux conservateurs du genre, pourraient s’offusquer de ces films qui apportent une franche évolution au genre, mais pas moi. Il y a une place pour chaque film de zombie, avec son propre style. L’un ne mangera jamais l’autre !
Pour en revenir au film en lui même. Le scénario est, au fond, bien classique mais celui-ci est tellement agrémenté d’éléments (très) frais, qu’on en oublie largement ce détail.
Les 4 personnages principaux sont parfaitement dessinés et interprétés. Ma préférence ira bien sûr a Woody Harrelson dans le rôle d’un Tallahassee aux actions et réflexions tout simplement jouissives !
Le personnage de Columbus apporte lui une sorte de porte d’entrée au  spectateur qui peut s’y identifier mais offre aussi le génial gimmick des « rules » qui rythmera tout le film, appuyant alors d’autant plus sa dimension comique.
Toutefois, quelques éléments dramatiques seront amenés plus maladroitement. Mais rien de bien grave.
Difficile de ne pas mentionner (sans le nommer !) le génialissime caméo qui sera un vrai cadeau pour les fans (d’ailleurs, je suis totalement d’accord avec Tallahassee quand il parle de cette personne).
Malgré la (trop) grande quantité de zombie flicks, Zombieland a réussi tracer son propre sillon en imprégnant fortement sa propre identité. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que les adultes, et les adolescents qui le sont devenus par la force des choses, tendent tous, dans ce film, à un retour vers l’insouciance pré ado voir enfantine. Une certaine manière, sans doute, de s’échapper de la dure réalité à laquelle ils sont confrontés.
Sur ce point, le film prend pas mal à revers pas d’autres du genre.
Je ne vais pas comparer Zombieland à Shaun Of The Dead. Chacun a sa propre saveur et est profondément lié à son pays d’origine. Toutefois, si je devais leur trouver un point en commun, ce serait sans aucun doute le fait qu’ils ne tombent jamais dans la parodie irrespectueuse du genre (Scary Movie et consort…), bien au contraire !
Si j’avais créé un sigle « DZ Approved », il est certain que Zombieland y aurait eu le droit !

Lectrices et lecteurs de DZ, vous saurez quoi faire dés la fin du mois !

novembre 4th, 2009 massacré par Desperate Zombie | 16 Commentaires »

Vendredi 13 : avis

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J’ai donc finalement vu ce remake/reboot. Avant de vous laisser lire mon petit avis sur ce film, je tiens à préciser plusieurs choses. Je ne suis pas fan des films Vendredi 13, et je ne l’ai jamais été. Pour moi ça a toujours été qu’un produit sorti à la suite du gros succès de Halloween. Il y en a eu pléthore à cette époque, pas mal on été oubliés, mais pas celui-ci car il a rencontré un certain succès de son côté.
Ensuite, vous m’avez sans doute déjà vu râler à propos de la sortie d’une tonne pas possible de remakes de grands films cultes. Mon avis semblera peut être bien tranché, mais un remake de Vendredi 13 me choquera beaucoup moins qu’une remake de Halloween, Videodrome, etc etc… Vendredi 13 n’a rien apporté au Cinéma contrairement aux oeuvres précédements citées, ce n’est (et n’a toujours été) qu’un produit des producteurs et non de réalisateurs à la personnalité forte. Ceux-ci ont décidé de sortir un nouvel épisode. Soit.
Cette intro en fera hurler plus d’un(e), mais bon, ce n’est que mon humble avis et elle me semblait importante.

Vendredi 13 n’a pas forcément été présenté comme un véritable remake mais plutôt comme un reboot. Ce n’est pas bien difficile de comprendre la mécanique de pensée des producteurs : dans le premier épisode, Jason n’y apparaissant pas vraiment (encore moins dans la forme que l’on connaît), il était hors de question pour eux que ce brave Jason ne soit pas déjà là avec son masque de Hockey et sa machette.
Pour justifier le fait que c’est un premier épisode et non une énième suite, on nous colle donc une pseudo genèse  dans un prologue / générique extrêmement expéditif. Au revoir maman Voorhees, bonjour le fiston en quelques minutes !
Par une petite astuce scénaristique, le film nous offre un deuxième prologue faisant pas mal pensé aux épisodes précédents. Ce deuxième prologue permet alors d’apporter une sorte de motivation dramatique à la troisième partie du film (et à amoindrir  la répétitivité inhérente aux précédents films). Cette motivation est quelque peu tirée par les cheveux mais permet d’améliorer l’implication du spectateur. Ce dernier point étant en général le gros défaut de ce type de films. Les jeunes crétins personnages sont bien souvent posés dans l’histoire comme de simples crash test dummies.
Sinon, quoi de neuf sous de soleil de Crystal Lake ? Eh bien pas grand chose. En dehors d’un esthétisme vu et archi revu depuis le remake de Massacre à la tronçonneuse (déjà réalisé par Nispel, « probablement aujourd’hui, en compagnie peut-être d’un Rob Zombie, le meilleur cinéaste d’horreur en activité » selon Chronic’art, sic !), quelques morts qui surviennent à des moments où on ne s’y attend pas vraiment (oh mon dieu Jason utilise une arbalète !), ainsi qu’une volonté évidente, mais vaine, de creuser un peu plus la mentalité du meurtrier, rien !
On y retrouve les éléments habituels des Vendredi 13 : un certain suspens, un scénario crétin, des mises à mort ludiques et…des nibards !
Est ce que tout cela en fait un mauvais film ? Je serais tenté de dire non. En allant voir un Vendredi 13, on sait à quoi s’attendre, et là on nous l’assène avec générosité.
Ce Vendredi 13 a été pas mal présenté par la critique comme l’un des meilleurs épisodes de la série. Je veux bien les croire, et ce, pour deux raisons.
La série des Vendredi 13 n’a jamais brillé par sa grande qualité, pas difficile de faire mieux donc. Et puis le terme « épisode » lui va à merveille. La genèse est finalement si rapidement évacuée (oh mon dieu la découverte du masque !), et pas si présente que ça durant le métrage qu’il aurait pu être présenté comme un nouvel épisode.
Et puis il restera une énorme frustration pour moi : ce remake mettant fin à la première série, on ne verra pas le retour de Jason sur terre après Jason X

Quelques mots sur le blu-ray : l’image est tout simplement parfaite (même si quelques flous par-ci par-là), un son bien bourrin (mais les enceintes arrières sont malheureusement pas assez utilisées), les bonus sont sympathiques sans plus. Après renseignement, le verdict est le même pour le dvd.

août 20th, 2009 massacré par Desperate Zombie | 4 Commentaires »

Zombies Anonymous : avis

zombies-anonymous

Dans une société où les morts côtoient les vivants la jeune Angela est abattue à bout portant par un petit ami jaloux et fait ainsi son entrée dans le monde des Zombies. Elle doit alors trouver sa place dans un univers fait de discrimination et de violence. Car cette cohabitation n’est pas du goût de tout le monde, et les groupuscules anti-zombies sont bien décidés à exterminer ces êtres différents.
Aidée par un groupe de soutien rencontré lors de réunions de Zombies anonymes, Angela va découvrir les nombreux aléas de la vie des morts…


Je ne ferais pas durer longtemps le suspens, Zombie Anonymous est une vraie bonne surprise !

Le film de Marc Fratto est indépendant et ça se sent. Le petit budget du film saute aux yeux. Une fois qu’on a fait ce constat au début du film, on oublie et on se laisse prendre par l’histoire.
Celle-ci a au moins le mérite d’être originale. On est bien loin du film de zombie mainstream bien conventionnel. Ici on n’est pas noyé sous les références, c’est totalement premier degrés, c’est originale et c’est vraiment gore !

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas vu un film de zombie faisant autant penser aux œuvres de Romero.
A l’heure où les zombies courent et sont de plus en plus con, Fratto décide lui, de revenir aux bases et de les pousser à l’extrême. Tout comme Romero il en profite pour passer des messages ou du moins pour rappeler des périodes sombres de notre histoire (les camps de concentration, le racisme, l’extrémisme, etc…) et se rapproche indubitablement des zombies. A partir de Day Of The Dead, Romero a cherché à montrer des zombies plus intelligents, qui s’humanisent. Fratto part de là et va donc plus loin. Ses zombies semblent humains, ils ont une conscience et parlent. Trois choses principales les différencient des vivants : leur décrépitude, leur insatiable appétît pour la chair fraiche et leur immortalité (en dehors de la classique explosion de tête évidemment).
Grâce à cela, il peut alors réfléchir sur les conditions de vie de ces non morts et de leur place dans la société. Les idées fusent et on est agréablement surpris. On pense d’ailleurs par moment à la série True Blood par cette façon de rationaliser au maximum un mythe.

Le film est clairement coupé en deux parties. La première (qui représente les deux tiers du métrage) est remplie d’éléments que j’ai cité plus haut. Elle est particulièrement bavarde et plutôt originale sans toutefois être ennuyeuse.
Les acteurs sont plutôt bons, notamment la séduisante Gina Ramsden, parfaite dans son rôle de Angela.
Dans la seconde partie ont bascule alors dans un film de zombie bien plus conventionnel avec des affrontements directs entre les non-morts et les vivants. Ce n’est pas pour autant qu’elle handicape la première partie, bien au contraire. En effet, celle-ci se fait attendre et sa différence totale avec la première la rend encore plus forte. Alors que dans les deux premiers tiers du film les éléments gores sont égrainés sporadiquement, ils saturent ici le dernier tiers. Fratto est généreux en tripes, têtes coupées, tripes etc… Le tout sent évidement le caoutchouc, les tripes venant du boucher du coin et les têtes en plastiques, mais cela renforce le charme rétro du film à l’heure où même Romero se met au gore numérique.

Le film n’est toutefois pas parfait. Le jeu des interprètes n’est pas égal du début à la fin du film. Le rythme de celui-ci a tendance à s’essouffler par moment et Fratto n’est indéniablement pas à l’aise dans les scènes de pure action. Certaines scènes sont aussi bien maladroites.
Un film loin d’être parfait donc, mais cela n’enlève en rien à ses indéniables qualités.
A signaler que la BO est vraiment bonne et variée ce qui donne un certain cachet l’oeuvre.

Zombie Anonymous pourrait ne pas plaire de par son originalité et ses défauts, mais cela a clairement tout de même marché sur moi. L’amour et l’intelligence que Marc Fratto a mis au service du film fait vraiment plaisir à voir.

Note sur le dvd de Neo Publishing : Film à petit budget oblige, l’image n’est pas d’une grande qualité. Malgré ce statut de film indé, Neo offre tout de même à ce film une édition de choix, avec une belle pochette de dvd ainsi que de nombreux bonus vraiment passionnants.
(à noter qu’il y a une erreur sur la pochette du DVD : ce n’est pas Angela sur la pochette mais la prêtresse de la secte des zombies !)

mai 17th, 2009 massacré par Desperate Zombie | 9 Commentaires »