BIFFF 2010 : Thirst
Note de DZ : Alors je vous arrête de suite. Oui, le BIFFF est terminé depuis longtemps ! Mais malheureusement Persephone n’avait pas pu remettre les mains sur un clavier depuis tout ce temps. Pourquoi me direz vous ? Disons qu’une horde de zombies (belges de surcroit) l’ont prise en chasse, allez savoir pourquoi. Ne trouvant pas de solution à son problème, elle a dû se cacher dans une caverne pendant ces 4 mois tout en se nourrissant de…rats.
Heureusement votre serviteur avait ce qu’il faut , et a donc secouru cette chère demoiselle, tout en explosant des tronches de zombies au passage !
Après une toilette (et un gros brossage de dents) plus que nécessaire, elle a enfin pu se remettre au travail !
Vu la qualité de son travail, même en retard, ça aurait été dommage de passer à côté !
Voici donc son avis sur Thirst, et demain ce sera au tour de Valhala Rising !
Réalisation : Park Chan Wook
Palmarès BIFFF : Corbeau d’argent
Des vampires. Des vampires. Des vampires. Il n’est plus question que des suceurs de sang. Partout. Ils sont dangereux/sexy/mièvres et blabla. Ils affrontent des loups garous tous crocs dehors sous les yeux effarés de jeunes humain(e)s dont le cœur ne bat plus que pour eux. Les créatures surnaturelles sont si tendance. Ils sont partout.
… Et je suis leur première fan (mon adolescente a été bercée par le romantisme d’Anne Rice. Ça laisse des séquelles, je vous assure). Dès lors, chaque fois que quelque chose sort à leur sujet, j’ai toujours cette angoisse : mais que vont-ils encore faire ? Quel mythe va être cassé ? Quelles concessions vont être accordées aux humains ? Pourquoi doivent-ils briller ? Bon sang…
Néanmoins, je suis rentrée dans la salle de cinéma pour voir Thirst sans angoisse. Il s’agit du dernier film de Park Chan Wook, tout de même !
Le réalisateur de Old Boy nous emmène dans un univers vampirique peu commun. Celui d’un jeune prêtre coréen, Sang-Hyun, dont la dévotion le mènera à se porter volontaire pour tester un vaccin contrant une maladie mortelle. Au cours de cette expérience, à l’agonie, il reçoit une transfusion sanguine qui le guérit miraculeusement… Mais en faisant de lui une créature de la nuit au besoin irrépressible de sang.
Thirst est un film tout en contrastes: entre intensité et douceur, érotisme et humour, peurs et plaisirs. Nous suivons dans un univers feutré un prêtre déchiré : ayant lutté toute sa vie contre les désirs inhérents à la condition humaine, il se retrouve confronté à leur flot incessant, exacerbé par son nouvel être. Il mène un combat sans relâche contre tous les nouveaux appétits qui le tenaillent… tout en ne pouvant que les accepter face à une mort lente et douloureuse.
Il s’agit d’une superbe histoire, profonde, sur laquelle viennent s’articuler une quantité de détails. À côté de Sang-Hyun, le spectateur est lui-même en proie à des sentiments contradictoires. Jusqu’à la fin, on reste captivé, tendu, par cette histoire d’amour/haine.
L’image, quant à elle, joue aussi tant sur l’opposition que sur les accords. Des couleurs sombres ou éclatantes reflètent les pulsions des personnages. Le rouge sanguin éclabousse des scènes saturées bleues et blanches ; le noir de la robe du prêtre se fond dans l’obscurité. Le directeur de la photographie, Chung Chung-hoon, est un collaborateur régulier de Park Chan Wook. On ne s’en étonne pas.
N’hésitez pas une seconde à le voir car, malgré son corbeau d’argent (« seulement » le deuxième prix du jury international), il s’agit probablement d’un des meilleurs films de la sélection 2010 du BIFFF.
juillet 23rd, 2010 massacré par Persephone | Pas de commentaires »






