The Ward : critique [PIFFF]
Posté le 8 décembre 2011 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags horreur10 ans qu’on attend le retour de Big John. Durant cette période, il s’est passé beaucoup de choses pour lui, et pas les meilleures. Il a réalisé deux épisodes de Masters of Horror : un médiocre (Cigarette Burns) et un vraiment très mauvais (Pro-Life). Et si seulement c’était tout. On nous a fait subir des remakes / suites / préquelles de quelques une de ses plus grandes oeuvres. On pense notamment aux remakes de Fog, Assault on Precinct 13, et de Halloween bien sûr. La fausse préquelle de The Thing n’a semble t’il pas relevé le niveau.
Pépère Carpenter l’assume entièrement : il a décidé de se laisser vivre.
Pourtant, il ne lâche pas totalement l’affaire. Il pourrait bien adapter la BD Darkchylde et a entre temps sorti The Ward.
J’ai eu la chance de voir ce fameux The Ward lors de sa seule projection dans une salle de ciné en France. Merci infiniment aux organisateurs du PIFFF qui ont eu indéniablement ici une très bonne idée.
Car oui, le dernier Carpenter n’aura pas droit à une sortie en salle. Ce sera un direct to video pour nous, qui sortira le 1er février en Blu-ray et DVD.
Si je devais chipoter, je dirais que j’aurais aimé que Big John soit présent lors de cette projection exceptionnelle. Mais c’est le fan du réalisateur de Halloween qui parle…
Le pitch de The Ward : Kristen est retrouvée par la police alors qu’elle vient de brûler une vieille maison. Elle est emmenenée de suite dans un hôpital psychiatrique. Elle se rend alors compte que le lieu est frâppé par des apparitions meurtrières d’un être énigmatique.
Oui, mon pitch est un peu brumeux, mais je n’ai pas spécialement envie de trop vous révéler de choses sur ce film.
Alors, ce The Ward est t’il une bonne surprise, ou confirme t’il la baisse de régime constatée dans les épisodes de Masters of Horror ? On peut répondre par l’affirmative à ces deux questions.
The Ward est d’un classicisme absolu. En général, je suis bien loin d’être contre ce fait. Carpenter nous offre une réalisation classieuse, posée, et maitrise toujours royalement le scope. Toutefois, on a droit durant le film, à je ne sais combien de jump scares plus agaçants, voire fatiguants qu’effrayants.
Mais ce n’est pas là le pire.
Le scénario (que n’a pas écrit Carpenter, mais un équipe de 4 scénaristes…) est indéniablement la faiblesse de The Ward.
Sans vouloir spoiler, à un moment, on nous offre un retournement de situation surprenant, que certains pourraient trouver ridicule. Ce n’est pas mon cas, même si on peut parler ici de psychologie de bazar…
Celui-ci est tellement fort qu’on a l’impression que le scénario a finalement été écrit à l’envers. Les (ou l’un d’entre eux) scénaristes ont eu l’idée de ce twist, et ont semble t’il brodé tout autour. On se retrouve alors face à un film terriblement mécanique, répétitif et là aussi agaçant et fatiguant.
Il faut toutefois relativiser les choses. The Ward en a pris plein la tronche depuis sa sortie. Ce n’est clairement pas mérité.
Certaines scènes valent vraiment le coup, Carpenter reste un grand réalisateur, Amber Heard et Jared Harris (Mad Men !) sont formidables (alors que Laura-Leigh, dans son rôle de femme enfant, se ridiculise…), et ce twist reste marquant !
Il y a 10 ans, je sortais plutôt en colère et déçu de la projection de Ghost of Mars. Désormais, je le regarde avec beaucoup de plaisir.
En 2011, je suis sorti plutôt en colère et déçu de la projection de The Ward. Rendez vous dans 10 ans, pour voir si je le regarderai avec beaucoup de plaisir.
Je n’en suis pas vraiment convaincu.



