American Horror Story : critique saison 1 [les fantasmes et les fantômes de l'Amérique]
Posté le 26 décembre 2011 par Persephoneeia dans critique de film, série avec comme tagsUn adultère et une fausse couche ont créé des tensions entre Vivien et Ben Harmon. Le couple décide alors de donner une nouvelle chance à leur famille en déménageant avec leur fille Violet à Los Angeles. Séduits par une vieille bâtisse au passé violent et obscure, ils y investissent toutes leurs économies en espérant y trouver une stabilité pour leur foyer. Malheureusement pour eux, la maison a d’autres projets.
Ryan Murphy et Brad Falchuk savent ce qui fait battre le cœur des spectateurs. Après la recherche extrême de la beauté (Nip/Tuck) et l’adolescence en comédie musicale (Glee), les deux réalisateurs s’attaquent à un autre sujet de premier choix avec leur nouvelle série American Horror Story. S’inspirant des grands classiques du cinéma d’horreur américain (on ne peut s’empêcher de penser à Rosemary’s Baby, Psycho, The Omen ou encore The Shining), la série nous plonge au cœur de l’effroi et du mystère, à travers l’histoire de la famille Harmon.
Si le scénario semble à première vue assez classique, on ne manquera pourtant pas d’être surpris par l’intrigue. Plus que la famille, c’est la maison qui est la protagoniste principale de la série. Chaque pièce est liée à un ou plusieurs événements particuliers dont les souvenirs se ravivent grâce à des rencontres et des flash-back. Les personnages qui ont habités les lieux nous guident à travers un dédale de crimes et de sombres secrets en entamant, au passage, la santé (mentale) de la famille Harmon.
Dès le premier épisode, American Horror Story captive. Entre folie et surnaturel, on ne manquera pas de sursauter, de s’effrayer et de se poser un tas de questions. Les recoins obscurs ne manquent pas et il y a toujours quelqu’un pour y mettre les pieds. Par contre, on ne peut s’empêcher de noter une inégalité dans l’intensité de la première saison. Si les premiers épisodes nous laissent à bout de souffle, le reste de la saison change de rythme. Le côté effrayant qui séduit au début est peu à peu remplacé par un scénario plus axé sur le drame et le mystère. Dans un esprit totalement différent du commencement de la saison, le dernier épisode joue même sur le grotesque.
Plus loin qu’une histoire de maison hantée et de famille décomposée, American Horror Story parle probablement des fantasmes et des fantômes de l’Amérique : sexe, serial killers, massacres de masse, recherche de la célébrité. Mise en avant au même titre que la violence, la tension sexuelle entre les protagonistes est palpable à chaque épisode. La série est profondément ancrée dans un contexte contemporain, tant dans l’esthétique que dans le choix des thèmes abordés.
Il n’est pas possible de finir cet article sans remarquer l’incroyable casting de la série. Les acteurs réussissent à traduire la complexité des personnages avec talent. Jessica Lange (Constance) est tout simplement époustouflante dans son rôle de voisine invasive.
L’annonce d’une série de genre est toujours un événement excitant. La dernière issue du magazine anglais SciFiNow a d’ailleurs dédicacé sa couverture à la série et pose la question : « Has TV gone too far ? ». Sans être allés « trop loin », on peut tout de même dire que Ryan Murphy et Brad Falchuk nous offrent, encore une fois, une série de qualité. Esthétique et mystérieuse, elle est surtout extrêmement addictive.
Les classiques du cinéma d’horreur américain continuent d’inspirer et de se recréer : la deuxième saison (13 épisodes) a été confirmée.
Je vous laisse avec l’excellent générique d’ American Horror Story, réalisé par Kyle Cooper et sa société Prologue Films (déjà à l’œuvre pour les génériques de Se7en, Spider-Man 1 et 2, L’Armée des Morts, Puching Daisies et The Walking Dead, pour ne citer qu’eux). La musique est, quant à elle, le travail du sound designer Cesar Davila-Irizarry et du musicien Charlie Clouser (ancien membre de Nine Inch Nails). De quoi vous donner un intéressant avant-goût de la série.


