Vivants : avis sur le roman [Roméro et Juliette]

Posté le 28 octobre 2011 par Desperate Zombie dans livre avec comme tags

Un certain Docteur Logan s’est occupé un jour d’un zombie. Il a travaillé avec lui, s’est rendu compte que ce n’était pas qu’une coquille vide. Au fond d’elle, cette créature avait encore des restes de son humanité, de sa vie passée. Ce zombie pouvait faire signe à des vivants, jeter un oeil à un livre, et se venger. Docteur Logan lui a donné un prénom : Bub.

Si vous êtes un puriste, et que pour vous, le zombie n’est qu’une créature qui marche, qui ne pense pas, qui avance uniquement par instinct et qui a comme unique but de se nourrir de chair humaine, ne lisez pas Vivants. Celui-ci risque de vous mettre dans une rogne pas possible.
Pourtant, en lisant Vivants (Warm Bodies que j’avais présenté ici) de Isaac Marion, j’ai inévitablement pensé au Day of the Dead de Georges Roméro. C’est ce maître des zombies qui a ouvert la brèche et l’a largement agrandie avec son moins apprécié Land of the Dead.
Selon lui, le zombie peut se réveiller à un moment, avoir conscience de son état, effectuer certaines actions, voire même penser.
C’est à partir de ces idées, qu’Isaac Marion a écrit son roman. Grâce à lui, nous sommes directement dans la tête du zombie. Il fallait oser écrire un livre dans lequel l’histoire est racontée par un non mort. C’est pourtant tout à fait réussi. C’est même plutôt grisant d’être de l’autre côté du miroir.
R est le “héros” de ce livre, peut être un petit frère de Bub. C’est un zombie qui ère comme beaucoup d’autres dans une vieil aéroport abandonné par des vivants qui ont préféré se terrer dans un stade de football.
Sa vie de zombie est forcément monotone. Il avance sans but, “s’amuse” à faire sans cesse le tour d’un tapis roulant. Le temps a passé, et dans cet aéroport s’est créé une certaine vie chez les morts. La hiérarchie sociale y est de nouveau présente. Il y a les zombies bien en chair, mais aussi les anciens qu’on appelle les “osseux” qui s’enferment dans des rites aussi obscurs que leur regard.
La “vie” de R va être bouleversée lorsqu’au beau milieu d’un massacre, il croise Julie. Celle-ci est plein de vie, et lui est si…mort.

Je ne vais pas en dire plus sur l’histoire et vais de ce fait vous laisser découvrir comment une telle rencontre entre une vivante et un mort est possible, et vers où tout ça va les mener.

Vivants est souvent présenté comme le Twilight des zombies. Le fait qu’il soit encensé par Stephenie Meyer, et que l’adaptation au cinéma va être produite par Summit Entertainment n’arrange clairement pas les choses. Mais je ne vais certainement pas m’arrêter à cette comparaison car je ne me suis tout simplement jamais intéressé à Twilight, que ce soit dans sa version livre que cinéma et que ce serait de toute façon bien trop réducteur.

Pour faire simple, j’ai lu avec un très grand plaisir Vivants. Comme je l’ai dit plus haut, c’est franchement grisant d’être dans la tête d’un zombie. Marion a le talent de construire son récit tout en finesse. Que ce soit au niveau du gore, de l’action, et des bons sentiments, il n’y va pas à la truelle. Tout est bien amené, et rend ce roman franchement accrocheur.
Tout fan de zombies que je suis, je n’ai jamais lu ou regardé un tel récit sur ces créatures. On est donc inévitablement déstabilisé et donc curieux de voir où l’histoire va nous emmener.
Tout comme chez Roméro, Marion utilise le zombie comme un moteur pour son récit. À travers ces créatures, et les vivants qui les entoure, l’auteur réfléchit sur le sens de la vie, sur ce qui nous rend vivant ou non, et sur l’humain tout simplement.
Vivants est une oeuvre indéniablement romantique, sensible qui sait être touchante, triste, effrayante, mais aussi drôle. Celle-ci réussit à tracer son propre chemin au milieu d’oeuvres zombiesques bien trop nombreuses.

Sans aucun doute un vrai coup de coeur de zombie.

Vivants est édité par Bragelonne.