Crossed : avis [horrible humanité]
Posté le 27 septembre 2011 par Desperate Zombie dans BD avec comme tags gore, horreurHommes, femmes, et enfants, tous sont victimes d’une mystérieuse infection qui change les parents en tueurs et les amants en violeurs.
Sans pité, il répandent le mal sur Terre et traquent les derniers membres de notre espèce agonisante.
Dans une Amérique désolé, un petit groupe de survivants, cherchent à rejoindre l’Alaska, espérant y trouver le salut.
Ils vont découvrir le prix de la survie…et de leur propre humanité. En dehors de The Walking Dead, je lis finalement bien peu de BD. C’est d’ailleurs à cette dernière que j’ai énormément pensé en m’attaquant au premier tome de Crossed.
Tout comme dans l’oeuvre de Kirkman on découvre ici le destin d’un petit groupe d’individus qui doit survivre face à une humanité en déliquescence, devenue plus que jamais son propre prédateur.
Toutefois, cette fois-ci il n’est pas questions de zombies, mais plutôt d’infectés. Ces infectés ne sont pas à comparer à ceux qu’on a beaucoup vu dans les films pseudo zombiesques récents . Ici, les infectés n’ont pas le regard vide. Bien au contraire, celui-ci est pénétrant.
Ce ne sont pas des animaux uniquement animés par une volonté de manger ou de contaminer l’autre. Ils sont un concentré de ce qu’il y a de pire dans l’humanité, dans chacun de nous.
Leur but est de détruire l’autre mais pas que. Ils se font un véritable plaisir de massacrer, mais aussi de violer. C’est là la principale différence avec d’autres infectés ou zombies : ils sont animés par une terrible perversité.
Ils se remarquent donc par cet effroyable regard mais aussi par cette croix qui apparait sur leur visage.
Ce caractère très particulier des infectés rend peut être Crossed plus dérangeant encore que The Walking Dead(ou peut être d’une manière différente).
Jacen Burrows n’est peut être pas le meilleur illustrateur dans le genre (c’est ce que je me disais au début de ma lecture en tout cas) mais il sait très bien nous jeter à la figure des horreurs indescriptibles. On ne nous épargne rien ou presque (les viols restent hors champ), et cette fois-ci les couleurs sont bien là. D’ailleurs, on voit beaucoup de rouge dans Crossed… J’ai rarement vu aussi gore. Ça va loin, très loin même et c’est parfois représenté par une image qui s’étend sur l’intégralité des deux pages…
Chacun des survivants est intéressant, et il n’y a pas vraiment de héros. Il y a juste un petit focus qui est fait sur deux personnages. Quoiqu’il arrive, chacun d’eux font réagir le lecteur. Soit on s’y attache véritablement, soit on les déteste tout autant.
Certains passages font de ce fait vraiment très mal (j’en ai deux en tête qui m’ont profondément marqué…).
Heureusement, Ennis se permet de parfois glisser ça et là quelques touches d’humour. Atttention, celui-ci reste noir, très noir.
Même si on pense toujours beaucoup à The Walking Dead, Crossedtrace son propre chemin même s’il s’interroge lui aussi sur l’Homme. Le récit est passionnant, dérangeant et terrifiant sur le fond comme sur la forme. Celui-ci peut être étonnement très pudique sur certains sujets.
À signaler que ce comics de Ennis et Burrows ne va pas s’étendre sans fin. Il se limite à deux tomes dont le dernier est sorti il y a quelques jours chez Milady.
Arriver à la fin de ce second tome est une sorte de frustration tant c’était bon, mais aussi un soulagement tant ça été un voyage en enfer.À noter quand même, qu’il y a eu une suite nommée Crossed : Family Values. Malheureusement, Ennis et Burrows n’y sont plus attachés.



