Samuraï Avenger : the Blind Wolf : critique [du chambara-western-grindhouse-gore]
Posté le 26 juillet 2011 par Acide Morgenstern dans Cinéma, critique de film avec comme tags grindhouse, Sexy, trailer, videoSamuraï Avenger : the Blind Wolf fait partie d’une fournée de trois films sortis récemment et labellisés Grindhouse par son éditeur. Effectivement, le film tente comme déjà plusieurs autres de s’inscrire officieusement dans la lignée du projet Grindhouse de Tarantino & Rodriguez, érigeant certains artifices visuels visant à donner un cachet old-school comme des passages obligés : ah (!), la bonne vieille pelloche d’exploitation avec ses rayures, scratchs et autres défauts de pellicule !
Le pitch est simple : un homme aveugle et armé d’un sabre (incarné par le réalisateur lui-même) doit affronter sept combattants et leur maître afin de venger sa famille des sévices et exécutions qu’elle a subit… Sur des bases référentielles au cinéma de sabre (rien que le sous-titre du film est un double hommage aux personnages de Zatoïchi -le masseur/sabreur aveugle- et de Ogami Itto -Lone Wolf de Baby Cart-), le réalisateur plante son univers dans un décorum décalé et épuré (film fauché oblige) qui sent bon le western et y dresse un parcours fléché par lequel le personnage principal va devoir affronter ses ennemis un par un, aidé d’un autre guerrier voué lui aussi au code du Bushido. Les ennemis sont variés, référentiels et très caractérisés, en témoigne cette jolie bretteuse tatouée et topless, personnage qui renvoie à une figure iconique du cinéma d’exploitation nippon vue par exemple dans le quatrième Baby Cart ou encore les deux Female Yakuza Tales ; les autres personnages n’étant bien sûr pas en reste puisque notre héros croisera cowboys, zombies et autres maître du kung fu !
Malheureusement, si à l’instar d’un Quentin Tarantino, Kurando Mitsutake multiplie les clins d’œil et références au cinoche d’exploitation pour livrer une œuvre hommage, le réalisateur flirte et finit par déraper un peu trop souvent dans la parodie pour ressembler à autre chose qu’une grosse déconnade… comme beaucoup d’autres qui se sont frottés à l’exercice en fait… car, en effet, ce qui fait le sel du cinoche du réalisateur de Boulevard de la Mort, c’est que son post-modernisme ne verse que rarement -pour ne pas dire jamais- dans la parodie, un aspect sur lequel Samuraï Avenger a du mal à jouer, versant trop facilement dans des tentatives d’humour déplacées qui, à mon sens, flinguent l’implication du spectateur qui se retrouve à rire aux dépends du genre singé.
Enfin, les combats semblent parfois un peu trop mous et auraient sûrement mérité un montage plus dynamique. Idem pour les quelques petits problèmes de rythme qui plombent par moment le film et qui auraient pu être rattrapé au montage, je pense notamment à certains plans qui, en se voulant iconiques, deviennent de véritables calvaires par leur longueur.
Heureusement, ces manquements qui altèrent l’efficacité du film est compensé par la variété de ses protagonistes, par sa générosité en gore, par quelques trouvailles formelles amusantes (les flashbacks très pops ou encore les petites pauses d’explications techniques) et par son indéniable capital sympathie ! Idéal pour une soirée vidéo entre potes.




