Je suis une Groupie : critique [sexploitation, drugs and rock'n'oll]

Posté le 25 juin 2011 par Acide Morgenstern dans Cinéma, critique de film avec comme tags

Ich ein Groupie, c’est l’histoire d’une jeune femme qui, comme le titre l’explicite, est une fervente admiratrice de tout membre de groupe de musique ; fervente jusqu’à en avoir une libido qui semble s’exacerber à leur contact. Après le concert improvisé d’un groupe de rock en plein air dans un parc, la miss (incarnée par la jolie blondinette Ingrid Steeger) tombera raide folle d’un des membres. Mais après s’être éclaté dans une ambiance sexe, drogue & rock’n'roll elle sera « abandonnée » par celui dont elle est accro. Dans un même temps, sa rencontre avec une jeune femme l’embarquera dans divers coins d’Europe pour vendre de l’herbe… en espérant retrouver la rock-star de ses rêves ! L’occasion, malgré tout, de rencontres coquines sous des volutes de fumées…

La rumeur veut que Jack Hill devait être à l’origine sur le coup pour réaliser ce sexploitation mais que c’est Erwin C Dietrich, véritable « petit Roger Corman » du genre,  qui prendra réellement les rênes et mènera le projet jusqu’à son terme et ce, malgré des galères de tournages qui ont dû lui rendre la tâche ardue. Entre autres galères, le scénario fut écrit au jour le jour : celui-ci devenant alors une suite de péripéties certes sans arc scénaristique véritable (tout juste une sorte de fil rouge qui maintient le tout de manière plus ou moins homogène) mais agréablement rythmé et mis en scène et prompt à nous offrir quelques scènes « autres » flirtant avec divers genres : comme celle de la messe noire (avec ses bougies aux formes phalliques) et son ambiance horrifique ou celle du ride à moto rappelant les films de bikers, avec Ingrid Steeger et sa copine Vivian Weiss (qui n’apparaîtra d’ailleurs que dans ce film) nues à l’arrière de motos conduites par de véritables Hell’s Angels (car ces salopards de Hell’s Angels suisses du film sont… des «vrais» !). A ce titre, c’est une des idées « autres » de Ich ein Groupie : la plupart des comédiennes et des comédiens incarnent leur « propre rôle » (les rockeurs sont de vrais zikos notamment).

Si l’érotisme est logiquement mis en avant, la drogue prend une place qui ira en s’accroissant au fil du film, lui donnant parfois des airs francs de drug-movie. Et si l’ambiance est cool et rock dans le plus gros des aventures d’Ingrid, elle se fait plus glauque dans le dernier axe du film qui tombe d’ailleurs comme un coup de masse, violent psychologiquement autant que physiquement pour le personnage comme pour le spectateur.

Bref, Ich ein Groupie gère quand même remarquablement bien son côté « pensé au jour le jour » et s’avère pour le coup être un sexploitation réjouissant soutenu par son actrice principale radieuse, par sa bande sonore aux accents rock-psyché et surtout par l’ambiance que Dietrich a su insuffler au film… vivement conseillé donc !


Le film est dispo en vo et vf en dvd zone all germanique (notamment en coffret avec d’autres sexploitations germano-helvétiques des 70′s mettant en scène Ingrid Steeger).