Abigail Leslie is back in town : critique [sexploitation d'auteur ?]
Posté le 1 juin 2011 par Acide Morgenstern dans Cinéma, critique de film avec comme tags Sexy
Abigail Leslie (Jennifer Jordan) , jeune femme avide de plaisirs charnels est de retour à Baypoint, sa petite ville natale, après deux ans d’absence. Mais son arrivée est redoutée par Priscilla (Rebecca Brooke) qui angoisse de voir son mari se jeter dans les bras d’Abigail à nouveau, celle-ci les ayant déjà surpris en plein acte adultère. Pour s’oxygéner la tête, Priscilla aime se rendre (comme elle le fait déjà deux fois par semaine) sur les plages de sa petite ville… c’est d’ailleurs là qu’elle y a rencontré un homme avec lequel elle a fini par se lier de manière platonique. Abigail, de son côté, en profite pour revoir sa plus vieille complice coquine et pour (re)nouer divers contacts dont les finalités seront avant tout charnelles…
A lire comme ça le pitch (simplifié !) d’Abigail Leslie is back in Town, on pourrait prendre peur et craindre un n-ième drame érotique petit bourgeois, nombriliste et… pénible ! Heureusement, il n’en est rien : le fait pour Joseph W Sarno de situer le film dans cette petite ville américaine et d’y faire évoluer des personnages qui n’ont rien de jeunes baronnes arrogantes lui permet de nous livrer un film à l’ambiance sulfureuse aux accents à la fois naturalistes et élégants.
L’univers créé ici par Sarno est truffé de personnages guidés par leur libido, une libido emprunte de frustrations pour certains et certaines, une libido complètement exacerbée et décomplexée pour d’autres ; je pense notamment à la tante de Priscilla, Drucilla (Jennifer Welles) véritable nymphomane toujours en quête de plaisir. Malgré le fait qu’Howard (Jamie Gillis), le mari de Priscilla se jette dans les bras d’Abigail et que Priscilla le sache, à aucun moment n’est évoqué le fait que le couple puisse finir éclaté… en effet, Priscilla s’accroche et pourtant, dieu sait combien cette situation la rend malheureuse ! C’est ainsi que Drucilla décide de faire son possible pour que sa nièce s’affranchisse de son couple en allant même jusqu’à lui proposer… son propre amant ! Quant à Abigail, si elle apparaît d’abord comme un danger pour la cohésion de cette petite société emprunte de frustrations, c’est en se laissant guider par ses désirs qu’elle y dévoile les hypocrisies de ses habitant(e)s… et c’est sûrement pour ça qu’on en vient à l’apprécier de plus en plus au fil des scènes…
Joe Sarno est un spécialiste du cinéma coquin qui tendra par la suite vers un cinéma de plus en plus explicite à l’instar de son casting, passant les époques (il est né en 1921), alternant les tournages américains et suédois et suivant l’évolution du genre érotique pas à pas (de ses premiers nudies des sixties à ses derniers films hard des années 80). Ici, en artisan consciencieux du genre, il nous offre une œuvre à la finalité érotique dont le spectacle se fait de plus en plus émoustillant…. et quand on voit combien le bonhomme aime et s’applique à filmer les orgasmes féminins, Abigail Leslie is back in Town se révèle au final un sexploitation tout bonnement indispensable !
Le film est disponible chez Arte-vidéo.


