Morgane et ses Nymphes : critique [fées et érotisme bucolique]

Posté le 27 mai 2011 par Acide Morgenstern dans Cinéma, critique de film avec comme tags , ,

Françoise et Anna, deux grandes copines très complices, voyagent à travers l’Auvergne. Lors d’une halte dans une inquiétante auberge, le tenancier leur donne le conseil de quitter la région au plus vite et de ne pas revenir…amusées plus qu’effrayées, elles continueront leur route jusqu’à se perdre et iront trouver refuge dans une grange pour y passer la nuit. Lorsque Françoise se réveille, Anna a disparu et c’est un nain nommé Gurth qui va la conduire à travers bois pour la retrouver. Malheureusement pour elle(s), tout ceci n’est qu’un piège visant à faire des jeunes femmes les futures esclaves de Morgane la Fée, celle-ci leur promettant la jeunesse éternelle en échange de leurs âmes…

Si le rapport avec la mythologie arthurienne n’est que minime, Morgane et ses Nymphes cultive tout le long l’envie de son réalisateur, Bruno Gantillon, de nous plonger dans une ambiance féérique érotique. Malgré le micro-budget alloué au film, Gantillon tente donc de créer une atmosphère onirique et sensuelle à base d’ingrédients que l’on pourrait rapprocher de ceux d’un Jean Rollin en bonne forme : filles légèrement vêtues de drapés transparents, saphisme, univers fantastique franchouillesquement bucolique… Si le résultat en est (je trouve) bien meilleur, le film n’en est pas pour autant une merveille du genre et souffre de petites longueurs et d’une direction d’acteurs trop théâtrale, sûrement conditionnée par ses dialogues trop littéraires. Il n’empêche que malgré ses défauts, Morgane et ses Nymphes est une œuvre atypique, certes un peu poussiéreuse mais, au final, charmante…

Morgane et ses Nymphes (1971) de Bruno Gantillon avec Dominique Delpierre, Alfred Baillou, Mireille Saunin… est disponible sous le titre Girl Slaves of Morgana le Faye (!) en zone2 British (avec sa version originale française) chez Paganfilms (et aussi en zone1 us chez Mondo Macabro) qui propose un dvd pas franchement de grande qualité (la copie utilisée est pleine de tâches et de scratches et semble provenir d’une bonne vieille source vhs) mais qui, c’est vrai, a au moins le mérite de permettre de voir cette curiosité du cinéma français…

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