Scream 4 : critique [pas mon film d'horreur préféré]
Posté le 20 avril 2011 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags horreur, slasherJe vais tout d’abord mettre les chose au clair : à l’époque où le premier Scream est sorti, je l’ai adoré (même si un crétin m’avait spoilé la fin). Ensuite, j’ai embrassé la mouvance du neo slasher avant de très vite déchanter. Les mauvaises suites du premier Scream, ses ersatz, et les Scary Movie ont totalement achevé ce que je pouvais apprécier chez Scream.
De plus, ça fait un bail que je n’ai pas vu les trois premiers films de la franchise de Wes Craven.
Je suis donc parti voir Scream 4 (SCRE4M pardon !) avec ce “background” particulier.
L’intro (passage obligé dans la franchise), nous plonge directement dans l’ambiance : ce sera un film méta rigolard. C’était déjà clairement le cas dans les précédents films, mais ce quatrième opus pousse le bouchon bien plus loin.
La dynamique du film, se base sur une réalité elle même influencée par la dynamique du cinéma auquel Scream 4 appartient.
Craven nous refait le coup du petit malin qui tacle ses contemporains tout en rendant un certain hommage à un cinéma plus ancien et donc forcément meilleur. Le piteux troisième épisode nous offrait déjà une mise en abyme assez profonde avec le tournage du fameux Stab. Ici, il va encore plus loin avec la multiplication des points de vue (webcams) et donc des écrans dans l’écran. L’exercice peut être fun par moment, mais aussi fatigant à pas mal d’autres.
Il est en effet assez difficile “d’entrer” dans un film qui verse sans cesse dans l’ironie, le cynisme, voire limite dans le nombrilisme.
Ce recule qu’impose sans cesse Craven finit par contaminer le spectateur qui ne regarde que de loin son film. Les personnages n’aident certainement pas à arranger les choses.
La nouvelle équipe de jeunes est anodine (en dehors d’une Kirby qui tire son épingle du jeu), et les anciens ne relèvent pas le niveau. Ces derniers sont bien souvent ridicules ou absents. Dewey a le mérite d’obtenir le prix du personnage le plus à côté de la plaque du cinéma horrifique. Il passe sont temps à rouler et courir dans le mauvais sens, pour s’en rendre compte bien assez tard. Le “botoxage” de Courteny Cox rend au moins Gale assez crédible dans sa volonté de s’accrocher à une période glorieuse qui l’a totalement larguée. Heureusement, Neve Campbell est là pour relever (à peine) le niveau avec une Sidney Prescott à la fois bagarreuse et pommée.
Que dire aussi de l’humour qui fait très rarement mouche, et qui fait ressembler Scream 4 à une auto parodie frôlant par moment le niveau de Scary Movie.
Au milieu de tout ça, il ne faut pas oublier que Scream 4 est avant tout un film d’horreur. Les meurtres y semblent plus nombreux et sauvages. Malheureusement, ils sont quelque peu désamorcés par les défauts relevés plus haut. On n’a pas peur, ou presque.
Pour résumer, on a parfois l’impression d’être dans la même situation que les spectateurs de Stab : on rigole au dépend du film, tout en remarquant très facilement les ficelles et vers où on veut nous emmener. Scream 4 tombe dans les même travers qu’il « dénonce ».
Scream 4 se veut critique envers le cinéma horrifique actuel, voire même envers notre époque et ses travers. Le tout semble plutôt artificiel, et on peut avoir par moment l’impression de voir un film de…vieux réac.
On parle déjà d’un Scream 5 et 6. On peut être bien curieux de voir jusqu’où va aller Craven.



