Harpoon : critique [massacre au harpon]

Posté le 2 mars 2011 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags ,

Un groupe de touristes embarque sur un bateau d’observation et part pour ce qui devait être une balade tranquille afin de découvrir la vie sauvage islandaise… Mais le bateau tombe en panne et le groupe est secouru par les marins d’un autre navire, qui se révèle être un baleinier. La pêche à la baleine n’étant plus autorisée, le petit groupe va vite devenir la cible d’une chasse à l’homme dans les eaux glacées d’Islande.

Il est toujours particulièrement intéressant de s’intéresser à un film Européen qui s’attaque à un genre très Américain. Il y a quelques années, on a été pas mal gâtés par l’Espagne, quelque temps après, par la France (qu’on aime ou pas), il y a peu par la Suède (Morse en tête !), et cette fois-ci par l’Islande.

Harpoon s’instale clairement dans cette mouvance tout en embrassant le post modernisme de pas mal d’oeuvres récentes. Le film de Júlíus Kemp (titré Reykjavik Whale Watching Massacre chez lui) fait sans cesse référence au mythique Massacre à la tronçonneuse. La présence de Gunnar Hansen montre qu’il assume sans problème la filiation. A propos de cet acteur, il faut quand même souligner qu’il n’est là justement que pour faire un clin d’oeil, et offrir au film une star à écrire en gros sur son affiche. En effet, ce dernier ne fait qu’une brève apparition qui se révèle finalement anodine. Il aura au moins servi à la promotion du film, ce que prouve le making-of (qui ressemble plus à une featurette) contenu dans le DVD où Gunnar est injustement mis en avant.

Pour en revenir au film et à ses références au film de Tobe Hooper, celles-ci sont plus que présentes. C’est tout d’abord le cas directement dans le pitch du film. Ici, ce ne sont pas des employés d’un abattoir, mais des pêcheurs de baleine qui ont été mis à la retraite malgré eux. On retrouve d’ailleurs ici une famille de dégénérés.
Tobe Hooper l’avait avoué (et largement affirmé dans le deuxième épisode) : il voulait que son massacre soit apprécié comme un film teinté d’humour noir. Kemp plonge totalement dans ce style. Il n’y a pas de premier degré ici. On ne cesse de faire des clins d’oeil au spectateur, on lui offre sur un plateau d’argent des personnages prêts à massacrer. Difficile alors d’entrer dans le film tant la distance avec celui-ci est sans cesse forcée.

Pour parler de ces personnages, ils sont ultra caricaturaux, à l’excès. Ils sont surjoués, leurs accents sont à couper au couteau. Au début du film, on peut avoir l’impression que celui-ci va soutenir les écologistes, mais pourtant, ces derniers y sont plus que ridiculisés.
Mention spéciale au Français complètement crétin, insupportable, mal joué, qui donne juste envie de prendre un harpon et de le tuer soi-même !

Le scénario est clairement un prétexte aux massacres et aux situations improbables. Il se révèle franchement vide et bordélique. La réalisation est relativement soignée, le montage un peu trop cut à mon goût.

Que dire alors de Harpoon pour finir ? C’est un film aussitôt vu, aussitôt oublié. Pourtant quelques scènes sont jouissives (on a parfois envie de remercier les tueurs pour s’être occupé de certains personnages), on éclate de rire par moments, les effets gore sont plutôt bien fichus, le contexte est original bien que pas assez utilisé et…c’est tout.

Harpoon est un film d’horreur sympathique, maladroit et humble.

Le DVD et le Blu-ray qu’on m’a envoyé sont sortis le 1er mars chez Aventi. L’image est assez granuleuse, mais c’est respectueux de l’oeuvre, et il faut évidemment privilégier la VO. Au niveau des bonus, rien à signaler si ce n’est le making-of dont j’ai parlé plus haut.

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