All the Boys Love Mandy Lane : critique

Posté le 21 janvier 2011 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags ,

Vous n’avez pas encore vu ce film ? Ne lisez pas l’article qui suit. Ca ne veut pas pour autant dire que vais l’agrémenter de spoiler, mais Tous les garçons aiment Mandy Lane doit être découvert en étant le plus vierge possible de données à propos de celui-ci.

Le pitch :
Mandy Lane. Belle. Pure et innocente. Une reine lycéenne en attente d’être couronnée. Depuis le début de l’année scolaire, tous les garçons ont cherché à la conquérir. Certains ont même trouvé la mort dans leur quête désespérée de cet ange texan de 16 ans.
Chloe et Red invitent Mandy à passer le week-end dans un ranch familial. Pour Mandy, c’est une opportunité de se faire de nouveaux amis. Pour les garçons présents, une chance unique de la côtoyer. Sur la route qui mène au ranch, les travaux d’approche commencent…

Un pitch qui peut sembler classique, aussi bien pour un film d’ados que pour un slasher. Ce côté classique, et cette dualité de genres qui ne cessent de se croiser forment une des forces du film de Jonathan Levine.

L’intro de cet article n’est pas là pour rien. Lorsque démarre All the Boys Love Mandy Lane, on a le sentiment d’être face à un petit film d’ados, qui a un visuel attrayant, qui ne prend pas ces jeunes de haut comme pourraient le faire pas mal de films du genre. Au fond, on pense immédiatement à un certain Virgin Suicide. On y retrouve en effet une ambiance très 70′s (même si l’histoire se passe de nos jours), un côté un peu arty, voir à fleur de peau et un être qui fascine la gente masculine. L’excellente BO (que j’écoute en écrivant cet article) constituée de chansons pop/rock à la saveur nostalgique renforce ces nombreux éléments.

Alors, comment s’instale là dedans l’élément horrifique ? Dans le prologue il arrive d’une manière bien fracassante si je puis dire. Pour le reste du film, il s’y installe étrangement très naturellement. Le talent du réalisateur est de réussir à opérer un mélange presque miraculeux.
Si on devait carricaturer All the Boys Love Mandy Lane, on dirait que c’est un slasher. Dans ce cas, on peut affirmer sans aucun doute qu’il offre une grosse bouffée d’air frais pour un genre profondément sclérosé. Pour reprendre une des taglines du film, il se joue des codes du genre. Oui, on a dit la même chose pour Scream à l’époque. La différence fondamentale entre le film de Craven et celui de Levine c’est que pour ce dernier cela ne se fait pas à travers un post modernisme franchement prétentieux. Le slasher est ici surtout chamboulé car Levine a réussi à y adjoindre les éléments relevés plus haut. Cela permet à ses personnages de vivres (à travers leurs désirs, cicatrices et cruautés), de s’éloigner complètement des caricatures habituelles. On est ici bien loin de la brochette de personnages pantins qui ne sont là que pour être au service du tueur, ou plus globalement du réalisateur et de son scénario.
La bouffée d’air frais se retrouve également et tout simplement dans la réalisation de Levine qui a une vraie personnalité, et qui est appuyée par une image granuleuse et une photographie contrastée voir parfois « cramée ». On a malheureusement été bien souvent habitués à être affligés par la réalisation de slashers/survivals à la réalisation plus que transparente.

Si on prend uniquement All the Boys Love Mandy Lane pour un slasher, on pourra peut être être déçu. On ne peut pas dire qu’il soit terrifiant. Il instale plutôt un mélange étrange de sentiments qui oscillent entre la fascination et la répulsion. Entre la troublante Mandy Lane (la sublime et très talentueuse Amber Head) et des mises à morts sauvages et implacables on ne sait plus trop où donner de la tête.

All the Boys Love Mandy Lane est une oeuvre qui peut sans aucun doute marquer tout autant le spectateur que le Cinéma de genre. On ne peut pas forcément parler ici d’oeuvre majeur qui aura tout changé, mais au moins d’un film fort, d’une réelle finesse, et qui est juste très grand pour un premier film.

Bravo à Jonathan Levine et fuck à The Weinstein Company et la filiale Dimension Films qui auront essayé d’enterrer une si belle oeuvre.