The House Of The Devil : critique [Eighties mon amour !]
Posté le 12 décembre 2010 par Mordorion dans Cinéma, critique de film avec comme tags horreurWalkman, téléphone à cadran, lycra violet, coupe du mulet, âge d’or du cinéma d’horreur : bienvenue dans les années 80. Samantha, jeune étudiante, vient tout juste d’accepter un job de baby-sitting et doit se rendre dans une mystérieuse et lointaine demeure. Pour ce genre de travail, la moindre des choses serait la présence d’un enfant à s’occuper mais Sam’ va vite se rendre compte qu’elle n’est pas là juste pour garder un bébé …
Dès les premières secondes du film, l’amateur de cinéma horrifique est comblé : musique, décor, scope large, tout y est ! Une véritable madeleine de Proust, jugez plutôt avec cette capture du générique :

(Même la police d’écriture fleure bon le rétro, raaaaah je bave déjà !)
Samantha se promène tranquillement dans sa ville à l’apparence paisible, vous savez ces petites villes si calmes que ça en devient suspect (n’essayez pas sauf si vous êtes super souple). Elle rencontre sa meilleure amie et collocatrice, papote et se dit qu’il est temps de retrouver un petit job pour arrondir les fins de mois : baby-sitting. Numéro de téléphone en poche, elle contacte alors le couple désireux de faire garder son enfant durant une nuit. Une seule nuit ? Allons-y se dit-elle, ça passera vite …
Et là, c’est le drame.
Immense demeure isolée. Vide, silencieuse; trop silencieuse.
Je suis seule, ce n’est pas possible, il n’y a pas d’enfant. Bon, je vais me faire livrer une pizza afin de luter contre le sommeil. Mince, où est mon walkman ? Ah, je l’ai laissé dans le vide poche, à l’entrée. Allons-y. Bon sang, je n’avais pas remarqué à quel point cette maison est immense ! Ah, excellent ce morceau ! Montons le volume et allons visiter la maison. Après tout, personne n’ira me dénoncer, l’enfant dort et ne remarquera rien ! Je n’ai jamais vu une maison aussi spacieuse, mais pourquoi ne trouve t’on aucune lampes ? Comment font ils pour s’éclairer ? Etrange. Waouh, cet escalier est vraiment magni… qu’est ce que c’est ? J’ai rêvé ou quelqu’un m’a parlé ? Coupons cette musique, je veux en être sûr. Ça venait d’en haut, j’en suis presq… Non ! Encore ce bruit, c’est certain je dois aller vérifier si l’enfant va bien, montons. Bon sang, dans quelle pièce est-il ? Le premier étage est aussi immense que le reste de la maison ? Il fait trop sombre, ça ne me rassure pas. Ce bruit ! encore une fois … calme toi Sam’, c’est une vieille bâtisse, tu sais, celle dont les murs respirent et vibrent au rythme du vent. Et la tempête s’intensifie tu le sais bien, soit rationnelle, ne panique pas. Ah, de la lumière ! L’enfant doit se trouver là, avançons. Rien. Mince, rien ! C’est la lune qui éclaire cette pièce, la plus grande que j’ai croisé jusqu’à présent, mais vide. Encore une pièce vi… NON ! Là c’est certain, je ne suis pas seule, encore ce bruit ! Non, non là il faut que je trouve quelque chose pour me défendre, cours vite dans la cuisine, tu as laissé le couteau utilisé pour la pizza ! Oui c’est ça, dépêche toi Sam’. Il commence à sérieusement me faire paniquer ce son, je dois en trouver la source. Saleté de vrombissement lugubre ! C’est bien trop répétitif pour être anodin. Marre, je vais appeler Megan, qu’elle vienne me chercher immédiatement. Non … non impossible, le téléphone fonctionnait il y a une demi-heure lorsque j’ai commandé la pizza !
Vous l’aurez compris, House Of The Devil est un film d’ambiance. A apprécier dans le noir complet, volume à fond. Musique omni présente qui souligne le récit et accompagne chaque déplacement de Samantha, description minutieuse de l’entièreté de la maison via de nombreux petits plans séquences merveilleusement éclairés. Le spectateur est amené à caler sa respiration sur celle de Samantha. Que ce passe t’il dans cette maison ? Pourquoi n’y a t’il aucun enfant ? Autant de questions qui restent très longtemps sans réponses. Le récit se construit petit à petit, des détails sont parsemés méthodiquement, presque cachés dans la mise en scène. Il faut être très attentif. Le spectateur est alors extrêmement tendu, apeuré. Vraiment, une ambiance merveilleuse, prenante. La suggestion est maître de nos angoisses.
Difficile de parler plus du scénario sans gâcher la surprise finale… Sachez juste que l’on pense tout au long du film à Carpenter, Polanski, Fulci. Rien que ça !
Véritable déclaration d’amour au cinéma d’horreur des années 80, House Of The Devil pourrait tromper même le cinéphile le plus passionné : la reconstitution est parfaite : une scream-queen, un mystère, un twist final, du gore.
Ce film respire tellement l’amour des 80′s qu’il existe une édition … VHS !





