A Serbian Film : critique [non, ça snuffit là]
Posté le 10 décembre 2010 par Mordorion dans Cinéma, critique de film, news avec comme tags horreur, torture porn1) Vous êtes amateurs de sensations fortes, de films extrêmes, gore-trash-pr0n-déviants etc … vous êtes sûrement lecteur de Desperate Zombie donc (et avez de ce fait très bon goût). Cependant, ça reste pour vous un hobby, une passion. Dans la vie vous êtes quelqu’un d’à peu près normal (pas trop quand même s’il vous plait) gentil, courtois, vous ne tuez ni ne violez vos petites sœurs. Ne regardez pas A Serbian Film.
2) Vous êtes la même personne que dans « 1 » sauf que vous êtes de l’autre côté du miroir, complètement déconnecté de la réalité, à la limite du sociopathe. Vos ressentis d’émotions sont faussés, perdues. Vous regarderez A Serbian Film car de toute manière vos murs sont déjà intégralement recouverts des topics de 4chan -/b/, imprimés avec soin depuis 1999.
A Serbian Film fait parti des films à la réputation hardcore, son aura le précède et son interdiction dans de nombreux pays a fait monter la curiosité de tous les amateurs de pellicules extrêmes. On se souvient alors de Face Of Death, Camp 731, August Underground ou bien encore Snuff 102. Curiosité morbide aidant, beaucoup se sont laissés tenter par ces métrages jusqu’au boutiste et ont parfois regretté leur visionnage (c’est mon cas).
Une longue introduction j’en conviens, mais qui dit film à part dit critique et explications à part.
Milos, acteur pornographique à la retraite, vit paisiblement avec sa femme et sa petite fille. Oui mais voilà, sa nouvelle vie ne paye pas aussi bien que l’ancienne, il décide donc (encouragé par sa femme) de reprendre l’entrainement (oui, un sexe masculin peut faire des pompes, vous le découvrirez peut-être) et accepte de tourner dans un film « artistique ». C’est comme cela que lui est présenté le projet, par un sacré chenapan à la tronche de vilain d’une série Z Polonaise des années 70. Le début du tournage se passe très bien, tout est banal : on fornique sauvagement, on se fait la bise et on se dit à demain matin biquette pour commencer les choses sérieuses. Sérieuses, Milos ne savait pas à quel point … le mystérieux réalisateur énigmatique et inconnu toujours filmé avec très peu de lumière pour enfoncer le clou du mystère (vous avez compris à quel point c’est mystérieux ou je continue ?) va forcer Milos à exécuter ses moindres désirs au nom de l’Art.
Aaaaaah, l’Art, quel concept magnifique lorsqu’il s’agit par exemple de tergiverser des heures durant devant des monochromes. Là, l’Art consiste à justifier le tournage du plus grand snuff film jamais organisé, et c’est notre acteur porno retraité qui va en être l’épicentre.
Jusque là le film restait dans le classique (pour le genre) du porno, du gore. Mais la suite va s’avérer tout autre, une véritable explosion malsaine. On s’attend forcément à être choqué ou étonné vu la réputation du film (spectateur qui s’évanouissent et vomissent dans les salles de festivals, et même une crise cardiaque). Ah-ah me disais-je avant de voir le film, la honte, encore une journaliste de Elle qui a vomi en voyant un zizi. Les scènes qui suivent font parties des trucs que je regrette d’avoir vu, pourtant après avoir traîné mes guêtres dans tout les sous-genres extrêmes du cinéma, ce depuis 1996, je pensais avec tout l’arrogance que ça implique, « avoir tout vu ».
Nécrophilie, pédophilie, pédo-nécrophilie, zoophilie, viol, torture je tolère et supporte, lorsqu’à la limite c’est suggéré ou amené intelligemment (je pense à Miike, Jodorowsky, Hau) lorsque cela porte le récit, lorsque c’est justifiable par le scénario (là je pense aux nombreux Catégorie III tirés de faits divers). Ce n’est pas du tout le cas de A Serbian Film, ce qui rend assez insupportable l’accumulation de scènes complètements folles et vulgaires. Malsain, glauque, mais réellement insupportable notamment dans une scène de pédo-nécrophile sur un bébé à peine sorti du ventre de sa mère. Accouchant sur la table, celle-ci se fait arracher le bébé à la main puis il se fait violer par un gros con. Navré, « con » m’a échappé, vous allez me dire que c’est un adjectif et que je ne suis donc pas objectif.
Et bien oui, j’ai du mal à l’être avec ce film car je ne vois pas l’intérêt de son existence … Si c’est pour regarder un snuff, autant ne pas l’enrober dans une pseudo critique de la société Serbe comme le scande le réalisateur (ND DZ : il pousse même le vice jusqu’à tourner « un documentaire » sur les attentes des spectateurs et leurs réactions après avoir vu le film…), car à aucun moment cela ne transparaît dans le film. La pauvreté de la famille de Milos justifie de faire ça ? la perte de repère d’un artiste en manque de reconnaissance ? la quête du mal absolu ? que veut dire Srdjan Spasojevic ? je me le suis demandé durant deux heures. Alors oui, vous allez me dire « mais pourquoi as tu tout regardé » tout simplement car je suis cinéphile et cinéphage, curieux et pour pouvoir critiquer pleinement, il faut s’en donner les moyens, c’est à dire savoir de quoi l’on parle et avoir des échelles de valeurs pour pouvoir comparer.
Vous l’aurez compris, personnellement je déconseille A Serbian Film, même pour tester vos limites. Car la scène que j’ai décrite n’en est qu’une parmi la légion que comporte le final ( 30 minutes non-stop) du film. Si vous avez vu et aimé ce film, j’aimerai bien des avis également, ça m’intéresse fortement. Je respecte les goûts et les couleurs d’autrui (comme toutes personnes qui a des hobbies marginaux, on apprend à donner le respect que l’on espérerait recevoir) mais là, j’ai du mal à comprendre l’intérêt d’un tel film. C’est un 4Chan /b/ live, rotten pour les plus vieux d’entre vous. Et perso’ ça ne m’a jamais passionné.




