Détour Mortel 3 : critique

Posté le 27 octobre 2010 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags

Le premier opus de cette saga est sorti en 2002, un an avant le remake de Massacre à la tronçonneuse ce qui lui offrait une plutôt bonne place. A l’époque, les Survivals n’étaient pas légion et du coup Wrong Turn avait su plutôt plaire notamment grâce à sa tête d’affiche (la délicieuse Eliza Dushku) et son côté best-of du genre (ce qui était aussi son défaut car le film sentait quand même pas mal le réchauffé). Ce n’est pas un film culte, il n’a pas marqué son époque, mais était plutôt plaisant à voir.

Cinq ans après est sorti le deuxième épisode en DTV. Je vous avouerais que je ne m’en souviens pas trop. C’est tout à fait le genre de film qui est aussitôt vu, aussitôt oublié. Uniquement deux choses m’ont marqué : l’intro (voir la vidéo ici), et l’aspect télé réalité ultra lourdingue. Ce n’était clairement pas un chef d’oeuvre.

Le DVD de Détour Mortel 3 (Wrong Turn 3: Left For Dead) est sorti aujourd’hui, pile pour Halloween. Son pitch :
Alors qu’ils partent faire du camping en forêt, Fonda et ses amis sont attaqués par Three Fingers, un mutant cannibal dégénéré. Bien que Fonda réussit à survivre au massacre, ce n’est pas le cas de ses accompagnateurs. La jeune femme est alors livrée à elle-même, seule dans les bois… Cette situation ne dure pas longtemps, puisqu’elle finit par croiser la route d’un groupe de prisonniers, victimes de l’accident du bus qui les transportait. Ils décident alors de s’unir afin de lutter contre les attaques de Three Fingers…

Avec un tel pitch, on imagine facilement la chose : une première partie ultra classique, une seconde plus badass. Ce n’est malheureusement qu’à moitié le cas.

En effet, lors de la première (courte) partie, on retrouve un groupe de jeunes dans une zone isolée qui va se faire massacrer en finesse. On fait face ici d’ailleurs à un classicisme absolu (on pensera de suite à Vendredi 13) : le couple qui va s’adonner à un petit jeu sexuel meurt de suite (surtout celle qui ose montrer ses nichons bien sûr), et le mec qui reste aussi. Bien sûr, la petite brunette gentille et pure va survivre à ce massacre. C’est hallucinant de revoir à chaque fois les même schémas dans ces films. Il n’y a vraiment pas de surprise.

La seconde partie (les 3/4 du film) semble moins classique. On s’imagine des combats dantesques entre les taulards et les freaks. Ce n’est malheureusement pas le cas. Le film se borne à un mécanisme plutôt classique : on avance, un membre meurt, on avance, un membre meurt, etc… Ce genre de système marche bien quand une empathie pour les personnages existe mais ce n’est ici évidemment pas le cas. Par contre, l’idée que les « méchants » soient dans les deux camps rajoute un peu de piment à l’affaire.
Three Fingers, par sa quasi immortalité, fait carrément penser à un certain Jason, l’expressivité de sa folie en plus.
Reste peut être des mises à mort gores à souhait mais qui sont malheureusement parfois gangrénées par cet insupportable gore numérique (un exemple à voir aussi ici). C’est, pour moi, le cancer de ce type de production. Quitte à passer pour un vieux con, je préfère largement un bon vieil effet à l’ancienne raté et caoutchouteux, plutôt qu’un effet numérique raté et qui n’a strictement rien de viscéral. Et d’ailleurs, je remarque que l’utilisation de ce type de technique devient malheureusement une facilité.

Bref, pour résumer : Détour Mortel 3 (rah en France on ne peut pas s’empêcher de coller « mortel » à la fin de tout et n’importe quoi, ça me rappelle toujours ces fameux « Hollywood Night »), est moins bien que le premier, mais meilleur que le deuxième. L’interprétation est transparente, la réalisation (de Declan O’Brien) également, et le film peut être aussi.

Liens Cinetrafic : Le Survival (genre)Détour Mortel 3