Limbo [l'horrible beauté]

Posté le 13 août 2010 par Desperate Zombie dans jeux video avec comme tags , , , , , ,

Je suis bien. Le calme est absolu ici. Mais il est temps que je me réveille. Parce que, parce que…parce que. Où suis-je ? Pourquoi ce calme apaisant commence à me mettre mal à l’aise ? Je dois quand même avancer. Parce que. Finalement, j’avais peur pour rien, depuis tout à l’heure tout se passe bien. Une petite virée en bateau ne peut que me faire du bien. Mais je ne vois rien à travers ce brouillard. Me voici arrivé sur l’autre rive. Toute aussi calme. Je dois avancer, toujours. Ouf j’ai évité de peu ces dents métalliques et acérées qui semblent sortir du sol. Je cours. Non mais attendez, que vois je derrière cet arbre ? Il y a comme un mouvement. L’atmosphère devient lourde. Des branches semblent bouger. Non, ce ne sont pas des branches. Ce sont de gigantesques pattes aiguisées telles de terribles lames de rasoir. Vais-je mourir ? Pourtant je dois avancer. Parce que.

C’est un peu un avant goût de ce qui vous attend si vous osez pénétrer dans l’univers de Limbo. Je n’ai pas de pitch à vous fournir car il n’y en a pas. Limbo est un jeu qui se vie. Se meurt.

Il impressionne tout d’abord par son style graphique. Ici il n’y a aucune couleur. Le noir et blanc surchargé de grains est à la fois sublime et terrifiant. Cette dualité est très présente : on est parfois subjugué par la beauté visuelle, et d’autres fois choqué par la cruauté absolue que subit notre compagnon d’infortune. Ce noir & blanc ultra contrasté lâche un voile pudique sur ces horreurs, mais a tendance aussi à les exacerber, tout comme le fait le son. D’ailleurs, la partie sonore n’est pas en reste, elle est même en totale adéquation avec le visuel, avec le jeu. On passe d’un silence complet et significatif, à une nappe sonore pénétrante, qui vous arrache un malaise total. On fait corps avec ce petit garçon que l’on dirige comme ce fut le cas avec Lester Chaykin dans le mythique Another World. Cette référence est clairement présente dans ce jeu. Limbo entre dans la passionnante mouvance du jeu rétro/moderne.
On pense à une autre oeuvre vidéoludique lorsque qu’on parcourt Limbo : Braid. Le rapprochement avec le jeu de Jonathant Blow était inévitable. Il est lui aussi une merveille artistique, un jeu rétro/moderne voire même post moderne, un mélange de narration passionnante et intrigante avec des mécaniques de jeu implacables, un chef d’oeuvre. Non, je ne pèse pas mes mots. Limbo n’est pas un jeu parfait, le côté réflexif absorbe un peu la narration, et il peut sembler trop court. Vu l’expérience, vu le prix (un quinzaine d’euros) rien de bien choquant. Pas de quoi regretter son achat, bien au contraire. C’est comme pour un bon film, hors de question de passer à côté. Cette oeuvre de Playdead est sortie uniquement (et malheureusement) sur la plateforme de téléchargement de la Xbox 360. C’est à espérer que tout comme pour Braid, il sortira plus tard sur PS3, Mac et PC.

(MAJ : il est sorti en Juillet 2011 sur PC et PS3 !)

Je ne vous dirai pas lequel, ni pourquoi, mais je suis allé voir un (excellent) film au ciné il y a peu, et il m’a ouvert les yeux sur le sens et la profondeur de Limbo. Certain(e)s qui auront tout comme moi goûté aux deux me comprendront sans doute.

Si vous comptez déjà acheter le jeu, ne regardez pas le trailer ci-dessous. Les curieux, allez-y.

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