Gummo : critique [America ?! fuck yeah !]
Posté le 12 août 2010 par Mordorion dans Cinéma, critique de film avec comme tags étrange, découverte, glauque, trailer, videoPerso j’adore faire de la muscu’ en soulevant des fourchettes. Après ça, je pars prendre un bain de crasse tout en bouffant des spaghettis au chocolat. Mon frère raton-laveur m’appelle souvent à ce moment là pour me proposer un match de catch contre une chaise car après tout, c’est ça la vie : logique comme une vache étranglée par un pylône électrique. Mon accordéon étant en réparation, j’ai le temps de vous parler un peu de Gummo.
Si la vie narrée ci-dessus ne vous fait pas fuir, vous serez intéressés par le coup de poing qu’Harmony Korine (sauf que c’est un mec et qu’il n’est donc pas une femme d’honneur) va vous mettre dans la face.
Xenia, bled plus que paumé dans l’Ohio. La misère sociale ronge les habitants, ici on ne vit pas : on survit. Tout les moyens sont donc bons : tuer des chats afin de revendre la viande aux boucheries, se droguer, draguer des nains hydrocéphales. Etre une obèse trisomique n’empêche pas de se lancer dans la carrière d’escort-girl à la liste de clients plus longue que…non rien. On passe le temps comme on peut : se scarifier, errer à vélo, tuer sa grand-mère, manier des armes, se prendre pour une starlette de cinéma, se déguiser en lapin afin d’être pris en chasse par ses amis, sniffer de la colle ou organiser des tournois de catch contre des chaises en écoutant du black-métal pendant que tonton boit sa 39ème bière en 10 minutes.
Photographie de l’Amérique « White-trash » Gummo utilise un ton semi-documentaire. Pas de mise en scène, la caméra est posée et observe. Enormément de petits plans séquences, l’atmosphère nous envahit, on marche au côté des protagonistes.
On pense beaucoup à la fameuse émission « Strip Tease ». C’est un véritable tour de force que de réussir à filmer la tristesse et la survie des héros du quotidien sans véhiculer le sentiment de misérabilisme souvent propre aux portraits de redneck. Je parle ici de ce film car le niveau de glauque vaut son pesant de cacahuètes : meurtre d’animaux, « aide » à l’euthanasie, scène de sexe entre freaks, pédophilie plus que suggérée… La succession de scènes étranges construit le malaise. Le grotesque croît, aidé par un mauvais goût revendiqué et une crasse que l’on commence à presque pouvoir sentir à travers l’écran. La musique est extrêmement présente dans Gummo et ne fait que renforcer le sentiment de délire complet : elle est toujours employée à contre sens, renforçant de plus belle la sensation de dégout.
Impossible cependant, sous l’amoncellement d’excréments envoyés en pleine face, de ne pas finir par sentir un fébrile parfum de rose émanant timidement : malgré la souffrance infinie de tout les personnages, leurs actions (libre au spectateur de réfléchir à la justification de ses dernières) immondes, l’amour est présent. Sous une forme non conventionnelle certes, mais présente. Leurs mondes, leurs agissements, leurs sentiments. Harmony nous a juste proposé durant 1h18, une fenêtre sur un autre monde, le nôtre …



