Orphan : critique [BIFFF 2010]
Posté le 14 août 2010 par Persephoneeia dans Cinéma, critique de film avec comme tags BIFFF, evil child, festival, thriller, trailer, videoRéalisation : Jaume Collet-Serra
Palmarès BIFFF : Corbeau d’or
Quand j’étais petite, il y avait souvent des films d’horreur le vendredi soir à la télévision. Un jour, le programme annonçait qu’un certain « Damien » serait le héros de la soirée. Quelle ne fut pas ma déception. Un film avec un gamin allait ruiner mon début de weekend fantastique. Me voyant frustrée, mon père a tenté de me rassurer : « Ah. C’est Damien ». Sourire de sa part puis silence (il n’est pas très bavard). Cette maigre information ne m’aidant pas à comprendre la bonne nouvelle derrière son visage amusé, je tente de comprendre : « Oui, et alors ? C’est qui ? ». Lui : « C’est le fils du diable. L’antéchrist ». Je n’ai plus dit un mot… Jusqu’au commencement du film (je suis plutôt bavarde).
Vous voyez où je veux en venir ?
Un couple dépeint comme des parents idylliques se tourne vers un orphelinat afin d’accueillir un nouveau membre de la famille (ils ont déjà deux enfants). Ils y rencontrent la charmante Esther. Esther, petite fille modèle avec boucles noires et ses robes vintages… recouverte d’innocentes taches de rousseur et garnie de rubans. Qui ne voudrait pas l’adopter ?
On se doute donc que quelque chose cloche chez elle dès le début. Mais comme c’est également le but du jeu, jusqu’ici, on ne se plaint pas. On attend. Impatients.
Esther n’a pas de nounou à faire passer par la fenêtre, mais elle se débrouille plutôt bien pour martyriser sa mère et ses frères et sœurs : elle s’énerve facilement, joue les filles modèles tout en lançant des regards noirs, manipule son père, effraie, menace, dessine sur les murs et joue du piano comme une virtuose (je rigole, mais c’est une scène plutôt bien construite). On a compris. elle est différente. Mais surtout, elle cache un terrible secret…
Orphan nous replonge donc dans un film tendance « evil child », tout ce qu’il y a de plus traditionnel. Loin de surprendre, il se range dans la catégorie des thrillers teintés de fantastique, et de facture assez classique.
Certains diront que la révélation du secret d’Esther est originale et surprenante. Peut-être, mais elle est aussi tirée par les cheveux. Presque drôle.
Mais ne portons pas Esther tout de suite à l’échafaud. Orphan est divertissant et inquiétant à souhait. Il a le bon goût de nous rappeler les premières frayeurs révélées par Damien (même si ce dernier est difficilement égalable). Jaume Collet-Serra a donc réalisé un très bon travail. Mais un travail de bon élève, sans aspérité ni rugosité. Personnellement, ce n’est pas ce que je préfère. Que du contraire.
Orphan a été récompensé du corbeau d’or au BIFFF. C’est une décision décevante quand on pense que dans la même catégorie concourrait Thirst. Le choix est étonnant.


