Metropia : critique [BIFFF 2010]

Posté le 27 août 2010 par Persephoneeia dans Cinéma, critique de film avec comme tags , ,

Dans le cinéma ou la littérature, les visions du futur ne sont généralement pas très optimistes. Et, dans leurs histoires, les auteurs font éclore les menaces qui caractérisent leur époque : dangers en tout genre et autres autodestructions programmées guettent la race humaine.

Metropia ne changera pas ce schéma. Le cadre de la réalisation est forcément sombre. Néanmoins, une certaine douceur neutre s’en dégage. Comme dans un rêve.

Dans un futur qui ne semble pas si lointain, l’Europe est arrivée au bout de ses réserves de pétrole. Un réseau de métro gigantesque veine alors le continent, reliant les grandes villes en quelques stations. Un citoyen de Stockholm comme les autres, Roger, n’aime pourtant pas utiliser ce moyen de transport. Un jour, contraint de monter dans une rame, une étrange voix s’adresse à lui. Intrigué et effrayé, il pense sombrer dans la schizophrénie… jusqu’au moment où il rencontre la belle Nina, qui semble connaître l’existence de cette voix.

Metropia est une curiosité. Un film d’animation aux inspirations 1984 de George Orwell. Il nous présente un monde angoissant et fade. Sombre et pluvieux comme dans Blade Runner, les lumières technologiques en moins. Là, tout semble gris et sale. On est dans du coton. Un rêve terne éveillé. Tant dans les images que dans la cadence. On a l’impression d’être nous aussi emportés dans les attitudes mornes de la société qui survit devant nos yeux. Des images de nos propres matinées d’hiver, à arpenter quotidiennement les transports en communs souterrains nous reviennent. On se revoit bourru et endormi, comme les concitoyens de Roger.

La télévision et la publicité imprègnent également le film. Ces médias sont omniprésents et rythment la vie des personnages. Big Brother is watching you.

Mais l’atout évident de la réalisation n’est pas son histoire. C’est grâce au travail de l’image que l’alchimie du film prend : l’utilisation de la technique du Cut out par l’équipe de Tarik Saleh permet en effet au film de se démarquer visuellement. Toute l’animation repose sur des photographies, qui ont été retravaillées puis animées. Le résultat est surprenant et très esthétique. Ce procédé, rarement utilisé dans le cinéma grand public d’animation de nos jours, renforce l’allure mécanique de la société présentée dans le film, tout en lui conférant un aspect voilé.

Quant aux personnages, si leurs visages ne sont pas célèbres, leur voix, par contre, vous rappelleront probablement quelques films et séries : le casting est composé, entre autre, de Vincent Gallo, Juliette Lewis ou encore Alexander Skarsgård (raaaah).

Finalement, cet article ne peut être clôturé sans avoir tordu le cou à une rumeur persistante. Contrairement à ce que certains affirment, l’auteur du scénario n’est pas Stieg Larsson, le père  de la fameuse trilogie Millenium, mais Stig Larsson, écrivain et scénariste Suédois. L’homonymie peut porter à confusion…

N’hésitez donc pas à voir Metropia (peut-être encore à l’affiche dans certains cinémas ?). En attendant, je vous conseille l’écoute de la bande originale du film, composée par Krister Linder. Elle vous plongera directement dans l’ambiance du film. Superbe.

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Coming soon : le dernier rendez-vous des chroniques du BIFFF2010 avec l’excellent film belge Vampires !