Zombies of Mass Destruction : critique [BIFFF 2010]
Posté le 31 juillet 2010 par Persephoneeia dans Cinéma, critique de film avec comme tags BIFFF, Chronique, horreur, ZombieZombies of Mass Destruction
Réalisation : Kevin Hamedani
(Annoncé par DZ ici)
Comme les vampires, les zombies sont très populaires sur les écrans ces dernières années (on attend d’ailleurs avec impatience l’adaptation de Walking Dead en série et de World War Z au cinéma avec… Brad Pitt). Mais, au contraire des suceurs de sang, ce sont les comédies qui, dernièrement, font fureur chez les mangeurs de cerveaux (ahah) : Fido, Dead Snow, Zombie Strippers, Zombieland, pour ne citer que ceux-là. Un nouveau titre est donc à ajouter à la longue liste des ZomCom : Zombies of Mass Destruction.
L’histoire se déroule dans une petite ville américaine, Port Gamble, dans laquelle s’est créé un microcosme social d’apparence paisible, mais qui, comme vous pouvez vous l’imaginer, est sous-tendu par un conservatisme certain : une famille iranienne (père et fille) sont surveillés par leurs voisins qui affirment pourtant « ne rien avoir contre les Irakiens » ; un jeune homme tremble de peur devant sa mère à laquelle il vient annoncer qu’il partage sa vie et son lit avec un autre homme ; le maire de la ville est indigné quand sa voisine -une femme !- lui annonce qu’elle se présente contre lui aux élections… Le portrait grinçant que tire Kevin Hamedani de ces « braves » citoyens pourrait en lui même alimenter un documentaire entier de stéréotypes américains.
Seulement, les petites rivalités et tensions quotidiennes prennent un nouvelle tournure face à une attaque terroriste. Terroriste ? Hum. A bien observer les assaillants, il est plutôt question d’un groupe disparate de personnes à la démarche peu coordonnée et sentant la charogne. Mais ce sont des terroristes. Le 11 septembre n’est pas si loin, la guerre en Irak est en cours et, surtout, c’est la télévision qui l’annonce.
Zombies of Mass Destruction esquisse le cadre de ce que son réalisateur appelle une « political zomedy »… Autrement dit, un cocktail bordélique et sympathique, dans lequel on aborde des sujets polémiques jetés en pâture aux zombies (histoire de voir ce qu’il en reste après). Si Romero s’attache à ce même procédé à chaque film, ici, c’est avec une légèreté teintée d’acidité que le côté politique est traité. Le but est de se marrer.
Quand au résultat, je suis mitigée. Le film n’est pas hilarant. Les scènes s’enchaînent dans un rythme pas toujours soutenu. L’humour est inégal. D’un autre côté, le spectacle de ces villageois paniqués aux prises de zombies affamés a tout de même un côté absurde qui ne peut que faire rigoler. Certaines répliques sont irrésistibles (« Don’t shoot. I’m gay »). Et le massacre de zombies à la tondeuse assez répandu.
N’oublions pas non plus que ce film n’a pas bénéficié d’un grand budget. A ce niveau, Kevin Hamedani et son équipe se sont bien débrouillés pour nous offrir un bon divertissement.
Un film léger, donc. Pas révolutionnaire, mais juste sympathique. Et c’est déjà pas mal !


