Giallo : critique [BIFFF 2010]
Posté le 20 avril 2010 par Persephoneeia dans Cinéma, critique de film avec comme tags BIFFF, Chronique, festivalBIFFF – Lundi 12 avril 2010
Au BIFFF, il est possible d’entendre deux types d’applaudissements pendant un film.
Le premier est sincère : on aime et on le manifeste. Le nom de son réalisateur préféré est enfin projeté sur l’écran ; un acteur génial fait son apparition ; une nana plutôt sexy vient à bout de 15 zombies à l’aide d’un katana ; un zombie mord la nana ; la nana devient une zombie sexy et mange tout le casting. Bref.
Le deuxième, quant à lui, est plutôt moqueur. Les noms d’inconnus défilent pendant cinq minutes sur l’écran avant le film ; le personnage principal résout l’énigme que tout le monde avait compris depuis le début du film ; le héros ne vérifie pas que le tueur psychopathe est vraiment mort ; Emmanuelle Seigner parle anglais. Et j’en passe.
Ce lundi, durant la projection de Giallo, on a pu entendre les deux applaudissements. Mais malheureusement, le deuxième, railleur, était majoritaire.
Giallo
Réalisation : Dario Argento
En allant réserver mon billet pour Giallo, une sympathique bénévole du festival me dit : « hum. Il n’est pas terrible ce film ». Et moi, de lui répondre : « Je m’y attends. Mais c’est Argento. Je dois y aller ! ». Parce qu’il y a des réalisateurs dont on ne rate jamais un film. Bon. Je ne reviendrai pas sur Romero. Passons. Aujourd’hui, nous allons parler de Dario Argento. Il Maestro , et de son dernier film : Giallo.
Le titre nous a fait espérer des mois durant. Giallo… On pense tout de suite au genre de prédilection des débuts d’Argento. Les ambiances baroques entre Rome et Turin et les velours rouge sang dans lesquels se mouvaient des donne entourées d’une aura de mystère, le tout teinté d’horreur et d’érotisme.
Pourtant, le nouveau film du réalisateur italien ne répond pas à son nom. S’il s’appelle Giallo, c’est pour une autre raison (que je ne vous dévoilerai pas).
L’histoire ne joue pas la carte de l’originalité (ce n’est pas obligatoire non plus) : un tueur en série chauffeur de taxi sévit en ville : il enlève et tue cruellement de belles jeunes filles (Ah oui ? Oui). Pour l’arrêter, la police italienne met sur sa trace Enzo, un inspecteur New-Yorkais au sombre passé. Malgré son obstination affectée et son air ténébreux (si, ça compte), il faut avouer qu’il ne réussit pas à obtenir le moindre indice le menant vers le meurtrier. Mais tout va changer lorsqu’il s’associera à Linda, dont la jeune sœur vient d’être enlevée : son entêtement le guidera sur de nouvelles pistes.
Si les éléments du scénario peuvent nous mettre sur la piste d’un giallo (belles jeunes filles, enquête autour de meurtres mystérieux, …), le résultat à l’écran nous fait plutôt penser à un thriller essoufflé. L’intrigue n’est pas entraînante et le suspens léger : les évènements s’enchaînent avec trop de facilité. Et on ne comprend pas pourquoi cet inspecteur a tant de mal à retrouver ce tueur.
On reconnaît Argento, tout de même. Principalement dans les réminiscences de l’enfance d’Enzo. Par contre, on a l’impression que l’entièreté du film a été délavé : très peu de baroque (principalement reflété par les rues de Turin), peu de sang, pas de sexe, pas de tension. C’est troublant. Et décevant.
Puis, il y a les acteurs. C’est le coup de grâce. Le trio de célébrités (Emmanuelle Seigner, Adrien Brody et Elsa Pataky – qui ça ? Oui, la copine de Brody) peine à convaincre. Pendant un instant, on espère que leur jeu fait partie de l’exagération chère à Argento. Puis, on commence à douter… Juste avant de soupirer/ricaner (au choix) à chaque action ou réplique.
Je ne peux pas détester Dario Argento. Alors, un peu comme pour Mother of Tears, je dirais qu’on a bien rigolé, finalement. Même si ce n’était pas le but premier du film.


