BIFFF 2010 : Daybreakers, Vampire girl vs Frankenstein Girl, Macabre et Ghost Machine [critique]

Posté le 16 avril 2010 par Persephoneeia dans Cinéma, critique de film avec comme tags , , , , ,

BIFFF – Samedi 10 avril 2010… Dimanche 11 avril 2010

« La porte »

L’endroit dans lequel se déroule le BIFFF est un grand entrepôt. Les contours intérieurs de l’espace sont bordés, entre autres, de boutiques, du bar, de la salle ouverte Q&A, du salon VIP (sévèrement gardé) et du coin body painting et maquillage.

Au cœur de cette animation s’ouvre une faille dans le temps et l’espace, dans laquelle le spectateur peut s’infiltrer pour observer des vues improbables de Bruxelles en côtoyant des créatures robots.  On nage en pleine uchronie : des zeppelins survolent la capitale, les élégantes portent des masques à gaz, des personnages construisent (ou se font construire par) des engins mécaniques, d’autres voyagent en scaphandre, l’art nouveau se mêle à des architectures métalliques complexes. Steampunk.

Les artistes Stéphane Halleux (sculptures) et Sam Van Olffen (images) proposent au BIFFF une très belle sélection de leurs œuvres. Je vous en conseille vivement le coup d’œil. L’exposition est gratuite et ouverte durant toute la durée du festival.

Le programme du samedi était plutôt chargé au BIFFF : la zombie parade, Pontypool, Christopher Roth, Salomon Kane, The Door… et la très attendue nuit fantastique.

Tranchons dans le vif. Aujourd’hui, on va parler de la nuit fantastique : 4 films projetés de minuit à 8h du matin. Si on a été sage (et que l’on est toujours éveillé) on a droit à un café-croissant après les films. Alléchant.



Paris by night… of the living dead

Réalisation : Gregory Morin

Les organisateurs du festival ont préparé une sympathique surprise en ouverture de la nuit fantastique : le court-métrage Paris by night… of the living dead, réalisé par le Français Gregory Morin. Celui-ci nous a fait le plaisir de venir présenter son film devant une foule assoiffée de zombies (oui, nous portons les séquelles de Survival of the dead).

Il est fort, ce Morin. D’abord, il a réussi l’épreuve de la chanson, avec sa très belle interprétation d’« Alien », calquée sur l’air du succès « Aline » de Christophe (tradition du BIFFF : chaque personne se présentant devant le public se voit obligée de chanter une chanson. Tout le monde y passe. Même Dario Argento s’y est collé en 2007). Il nous a ensuite assuré que son court ne serait pas aussi pénible qu’ Adèle Blanc-sec. Je n’ai pas vu Adèle Blanc-sec, mais la remarque m’a tout de même fait rire (une partie du public a applaudi). Mais, surtout, c’est son court-métrage qui a séduit. Quelques minutes de pure bordel/tuerie zombiesque. Réjouissant, drôle et léger, sans prétention, on sent l’amateur du genre derrière la caméra.

(ND DZ : voir ici une interview du réalisateur et mon avis sur le court)


Daybreakers

Réalisation : Michael Spierig, Peter Spierig

Daybreakers est un film de végétarien. Des vampires qui élèvent des humains comme des poules en cage afin de récolter leur délicieux et nutritif sang. Hum. Ca sent la plaidoirie, non ? Surtout quand l’un d’eux, incarné par le très charmant Ethan Hawke, refuse de consommer cette nourriture vitale… pour des raisons éthiques.

En pleine déferlante vampirique, les frères Spierig nous livrent un film au casting attractif (Ethan Hawke, Sam Neill et Willem Dafoe), mais qui déçoit quelque peu. L’histoire est, sur papier, vraiment séduisante : un monde dans lequel l’humanité, devenue vampire, est confrontée à une pénurie de sang. Pire, le manque les conduit vers un déclin physique et mental les avoisinant à des « Nosferatu » sous hormones.

Plaisant scénario, donc, mais porté sur l’écran, le spectacle n’est pas forcément à la hauteur. Très peu de suspens, des actions inégales et des personnages clichés se partagent l’écran.

Néanmoins, ce film est un bon divertissement ! Agréable à voir dans l’ensemble, les images sont bien travaillées et les personnages/vampires/vampires ravagés se laissent facilement suivre dans cette Amérique nocturne et mutée. Notons également, le passage remarqué de Willem Dafoe, qui  interprète son rôle de manière impeccable et réjouissante.


Vampire girl vs Frankenstein girl

Réalisation : Yoshihiro Nishimura & Naoyuki Tomomatsu

Ahah. Je dois vous parler de Vampire girl vs frankenstein girl ? Ok. Hum. Par où commencer?

Mal aux yeux, mal aux oreilles et mal à la mâchoire (alternance de bouche bée et de rires) sont les sensations qui me reviennent à l’esprit, quand je pense au film.

C’est du pur délire. Le réalisateur du très apprécié Tokyo Gore Police, Yoshihiro Nishimura,  rejoint par son collègue Tomomatsu ont créé un bordel animé par la comédie et une bonne dose trash (litres de sang fluo compris). Le résultat est épileptique, drôle, agaçant et osé (frôlant des thèmes de la culture nipponne qui semblent poser question… Mais toujours avec une extrême dérision).

Les personnages sont tous plus dérangés les uns que les autres. Entre les ganguro girls, la championne de la lacération de poignet, l’infirmière sexy psychopathe, le professeur/savant fou/acteur de kabuki et le nigaud beau gosse… Nos sexy Vampire girl et Frankenstein girl font (presque) pâle figure. Heureusement, elles sont armées (de leur propre corps), jalouses et dangereuses. L’action est lancée.

A voir avec des potes. De la bière. Et de la bière.

(ND DZ : mon avis sur ce film par là !)


Macabre (Darah)

Réalisation : The Mo Brothers

Un film indonésien. C’est vrai que, d’emblée, ça sonne mystérieux l’Indonésie : une série d’îles, la jungle, les temples hindouistes… (Maintenant, vous risquez tous de penser à Indiana Jones… et à l’Inde. Bref).

Avec Macabre, nous n’assisterons pas aux péripéties de touristes assoiffés de sexe et de défonce sur le sable de Bali. Il ne s’agira pas non plus d’une mystérieuse plage, gardée par des fanatiques (vous vous rappelez le pire film de Dany Boyle ?). Non, cette fois-ci, c’est un film du terroir. Avec des jeunes Indonésiens qui font la fête, ont leurs problèmes (en trame de fond) et cherchent l’amour.

Seulement, le film s’appelle Macabre. Alors, la rigolade et les problèmes sentimentalo-familiaux ne suffisent pas. Pour pimenter le retour de soirée des jeunes fêtards, les frères Mo vont donc mettre sur leur route une belle et timide auto-stoppeuse aux faux airs d’animal apeuré. Celle-ci les emmènera dans sa grande demeure et leur présentera sa famille aux mœurs culinaires… inhabituelles.

L’intrigue est articulée autour de la matriarche, l’étrange et ténébreuse Darah (je vous défie de ne pas rire quand elle prononce pour la première fois son nom avec sa voix gutturale : « Daraaaah »). Même si la plupart du temps, elle fait plus glousser que trembler, sa hargne, quant à elle, est sans limite. On lui doit bien ça. L’action est donc belle et bien présente (ok), les litres de sang versés (ok) et le slasher est lancé (ok).

Malheureusement, le principal défaut du film vient de son manque d’originalité. Rien de nouveau. Toujours la même histoire, traitée de même manière. On se lasse vite.


Ghost machine

Réalisation : Chris Hartwill

C’était le moment de dormir. Non pas parce que ce film est passé en dernier (6h-8h, dimanche matin) mais simplement parce qu’il ne valait pas forcément la peine que l’on reste éveillé.

Projeté en première internationale, les nerdies de la salle attendaient avec impatience cette nouveauté anglaise.

Le thème est assez jubilatoire, en effet. Des passionnés de jeux vidéos, spécialisés dans les simulations de combats pour l’armée, s’offrent une balade façon Beat Them All dans une prison désaffectée. Malheureusement pour eux, le fantôme d’une terroriste-pirate informatique en colère (quel hasard !) s’invite à la partie.

Le résultat à l’écran est moins enthousiasmant. Des personnages caricaturaux et inintéressants se démènent dans une réalisation sans surprise. Un soupçon de suspens est tout de même présent, mais il est difficile de rentrer dans l’action. On est détaché. On s’en fiche.

Un vague passe-temps, donc. A regarder en dernier choix.