Tokyo Gore Police & Vampire Girl VS Frankenstein Girl : avis
Posted by Desperate Zombie on février 02, 2010 in Cinéma, critique de film tagged with gore, horreur, trailer, videoA l’occasion de l’Absurde Séance de Paris j’ai pu voir Tokyo Gore Police ainsi que Vampire Girl VS Frankenstein Girl.
Au lieu de donner mon avis d’une manière séparée, je vais plutôt les croiser. Pourquoi ? Parce que je les ai vu en double programme et parce qu’ils font finalement parti de la même famille.
Tout d’abord le pitch de Tokyo Gore Police :
Une flic intégrée à un groupe de barjots traque les pires mutants qui pullulent sur terre. Derrière ce phénomène se cache un savant fou fanatique d’expériences en tout genre.
Le pitch de Vampire Girl VS Frankenstein Girl :
C’est l’histoire de deux écolières amoureuses du même garçon : Mizushima. La première fille amoureuse est sa petite amie (qui aura un peu forcé la chose) et la seconde est sa prétendante qui est nouvelle, kawaï mais aussi très mystérieuse.
On apprend très rapidement que c’est en fait un vampire et qu’elle souhaite faire de lui son compagnon immortel. Mais c’est sans compter sans la petite amie de Mizushima qui ne souhaite pas laisser passer ça. Après sa mort elle revient pour empêcher cette idylle. S’en suit alors un combat mortel.
Depuis quelques années un certain type de film japonais a débarqué. Je ne pense pas qu’il y ait un nom pour ce genre. On peut le résumer par ces adjectifs : ultra gores, crétins, fous, sans limites, etc…
L’autre particularité de ces films : on les doit un peu à la même team. Pour résumer on retrouve au moins une personne dans ces films : Yoshihiro Nishimura. Il signe toujours les effets spéciaux de ces films et en réalise même certains.
Pour The Machine Girl (qui a en quelque sorte lancé la mode et que je n’ai toujours pas vu) il a réalisé les effets spéciaux, pour Meatball Machine (que j’ai vu et plutôt pas mal apprécié) la même chose. Avec Tokyo Gore Police (Tôkyô zankoku keisatsu) et Vampire Girl VS Frankenstein Girl (Kyûketsu Shôjo tai Shôjo Furanken) il a semble t’il décidé d’aller plus loin puisqu’il réalise le premier et co-réalise le second avec le scénariste Naoyuki Tomomatsu.
Pour un artiste comme Yoshihiro Nishimura, ce type de film est parfait pour exprimer toute l’étendu de ses talents. Et autant le dire : il se lâche totalement. On peut par exemple avoir l’impression que Tokyo Gore Police est son bébé. Dans celui-ci il étale une quantité impressionnante de créatures. Son inventivité va vraiment très loin. En plus, il ne se contente pas de créatures basiques puisque celles-ci sont amenées à muter selon les dommages qu’elles subissent. On passe d’une femme aux jambes remplacées par une impressionnante machoire, à une femme escargot (?!), et à une femme chaise (?!!!?).
Petite précision sur cette dernière créature : elle n’a certes pas de tête, mais elle a un sexe qui lui permet…d’uriner sur son public médusé…
On peut y croiser aussi une créature qui a un sexe gigantesque.
On se rend bien vite compte que le créateur a autant d’imagination qu’un certain mauvais goût bien particulier. Mais pas de malaise ici, le tout est présenté dans une bonne humeur bien communicative.
Vampire Girl VS Frankenstein Girl semble lui plutôt léger de ce côté. Même si « léger » n’est pas un adjectif qui colle vraiment à ces films. Yoshihiro Nishimura semble plus bridé par l’histoire. C’est du coup bien moins original car on pensera bien souvent à Re-Animator 2.
Le travail de Yoshihiro Nishimura sur ses créations est impressionnant. Mais malheureusement le tout a tendance à être gâché par une photographie, une réalisation et certains effets carrément Z.
Ça a tendance à faire rire mais aussi à atterrer.
Si les effets spéciaux sont outranciers, le jeu des actrices et acteurs dans ces deux films l’est tout autant. Seule Eihi Shiina nous offre de nouveau (après Audition) son fameux jeu tout aussi glacial que sensuel.
Pour ce qui est du scénario des deux films, bien qu’ils semblent différents, ils reprennent les ingrédients du genre dont je vous ai parlé au début de cet article : un savant fou, des expérimentations qui dépasse toutes les limites, une vengeance, etc…
Ces ingrédients sont évidement des prétextes pour offrir le maximum de folie et de gore.
Voir ces deux films à la suite aura permis de constater des éléments humoristiques récurrents et parfois limites. Il y a les moqueries sur ces lycéennes qui se taillade les veines (devenu un sport dans Vampire Girl VS Frankenstein Girl) mais aussi de gros préjugés à la limite (ou carrément) racistes sur les chinois et blacks (tous interprétés par des Japonais très grossièrement maquillés).
Ce double programme aura également permis de voir que ces deux films ont un rythme très différent. Tokyo Gore Police est un moyen pour Yoshihiro Nishimura d’étaler ses créations. Le film est alors totalement saturé de gore, de monstres au dépend du scénario et donc du rythme qui devient alors franchement soporifique tant la lassitude est forte.
Ce n’est pas forcément le cas de Vampire Girl VS Frankenstein Girl qui est lui bien moins saturé mais qui est par contre agrémenté de scènes, de dialogues d’une grande légèreté (pour ne pas dire bêtise) qui rappellera pas mal de souvenirs aux habitués de mangas et d’animés. Et pour cause ! Ce film est en fait tiré du manga Kyûketsu Shôjo tai Shôjo Furanken.
Vampire Girl VS Frankenstein Girl laisse du coup une meilleure impression surtout grâce à cette fin très drôle qui fait (peut être sans le vouloir) écho à celle de Morse !
Pour résumer, ce ne sont clairement pas des chefs d’œuvres, (très très) loin de là. Ce sont deux films à surtout grignoter par petits bouts avec une bande d’amis adeptes d’œuvres crétines, ultra gores et nawakesques.
Retrouvez ici les articles (fausses pubs, trailers) sur Tokyo Gore Police. Le trailer de Vampire Girl VS Frankenstein Girl est là.
En bonus, voici le trailer de Robo-geisha (de Noboru Iguchi) qui a été diffusé pendant soirée Gore Japan. Ca promet d’être encore une fois particulièrement timbré. On peut apprécier l’excellente musique ainsi que la voix (et l’anglais) de la voix off…


T’a pas vu The machine girl ?! dans le genre films jap n’importe quoi il est vraiment très bon !
@Olivier, Non toujours pas, mais je compte réparer un jour ça !
(même si j’avoue que je sature un peu avec ce type de films)
Je partage tout à fait l’avis sur TGP devant lequel j’ai failli m’endormir
du coup ca me donne bien envie de matter frankenstein girl machin truc
@Am.K, Oui, « Frankenkenstein girl machin truc » est bien mieux rythmé ! Mais bon, ça n’en fait pas pour autant un très bon film !
je renchéri sur The machine girl, mais faut vite le regarder, il risque de paraitre vieillot à coté de ceux là. On pourras en tous cas dire ce qu’on veut, mais ils ont de l’imagination à revendre. Par contre, si n’a n’augure pas un nouveau genre de film, on risque de pleurer avec les prochains
Y sont fous ces chinois !
@Koa, Oui ils ont une sacré imagination !
Par contre attention, ce n’est pas un film chinois (je verrais pas un film comme ça sortir en chine) mais japonais !
@Dézède: bonne analyse, Dézède, mais permet moi de revenir sur tes déclarations.
Tout d’abord, je n’ai pas vu « Vampire Girl …etc », et j’ai trouvé « TGP » remarquablement bon.
Il est tout d’abord relativement original pour un film de « transformation bio-méca » (c’est une véritable institution au japon, depuis « Akira » qui inspira les « Tetsuo » qui inspirèrent tout les autres. Je me demande d’ailleurs si cette obsession des transformations physiques n’est pas liée au traumatisme Hiroshima, mais bon, passons).
Je disais qu’il est relativement original au niveau des effets comme au niveau du but:
une sur-enchère de transformations, toujours très impressionnantes, un certain questionnement de l’identité humaine (c’est loin d’être aussi poussé que Philip K. Dick mais ça reste intéressant) et surtout, et ça tu n’en a pas parlé, une critique acerbe de la société japonaise:
la privatisation de la police nationale et ses conséquences, la tradition du suicide japonais, des adultes comme des jeunes adolescentes (qui reste très fréquent, et limite tabou, au Japon), tout cela est vivement critiqué, à travers des pubs plutôt sympa, tu en conviendras.
A côté de cela, certes, TGP est carrément Z, mais pour moi, c’est clairement voulu, comme une marque de fabrique, et c’est réussi (rien à voir avec « Samurai Princess », une horreur).
Le seul problème que j’aurais avec ce film, c’est Eihi Shiina, qui n’est vraiment pas à sa place dans ce genre (ça reste un avis personnel)
C’est sûr, je ne me taperais pas une quinzaine de films comme ça par semaine, ça deviendrai rapidement redondant.
Mais, pour moi, « TGP » restera vraiment le haut du panier, car au final il est loin d’être seulement ‘du gore pour du gore’, mais a un message, un but.
Et on dira ce que l’on voudra, des tas de pieds droits là où il est censé y avoir des tas d’humains, moi, ça me fera toujours rire.
*Désolé pour le doublon, c’est une fausse manip*
@poulpich, (pas de soucis pour le doublon, je supprime le précédent, et colle ici ma réponse)
(merci beaucoup pour ton avis franchement très intéressant !)
Tu as raison de relever tout cet aspect.
Je ne l’ai pas fais car je trouve que tout c’est largement englué dans tout le reste, tout ce que j’ai relevé.
Oui les transformations sont impressionnantes. Mais dans ce film tout est « trop ». Il y a trop de conneries, trop de monstres, trop de cheap, trop de trucs ridicules (volontairement ou non).
Du coup le cerveau (pour ma part) est depuis longtemps mis sur off (ou endormi…).
Mais maintenant que tu le dis, oui il y a sans aucun doute une part de ça.
Cher DZ, je me permet d’écrire un petit commentaire qui arrive bien tard pour souligner un point qu’il ne me semble pas avoir vu dans la chronique
J’ai vu TGP avec un pote il y a maintenant 6 mois, et le constat est le même qu’après le visionnage de poultrygeist de L. Kaufmann : c’est n’imp de chez nimp, c’est très con et c’est surtout tordant !!
je pense que ce genre de production s’inscrit plus dans une recherche de la zéderie totale que dans la volonté de faire du cinéma de genre très (trop) sérieux.
Après bien sur, il y a des idées et des plans plutôt travaillées (comme la nana en geisha avec son ombrelle sous une pluie de sang, c’est beau..).
Mais dans l’ensemble, l’effet est là : qu’est ce qu’on se marre!
Bref, si vous n’avez pas aimé citizen toxie et poultrygeist, passez votre chemin.
Si un épisode de South Park version cinéma ça vous ne vous échaude pas plus que ça, tant pis pour vous !
Parce que si ça vous intéresse, amener votre pack parce qu’on va bien se poiler !!!