
Attention, ceci est un avis d’un non littéraire. Avant que je découvre qu’une version zombiesque de « Orgueil et préjugés » allait être publiée, je ne connaissais cette oeuvre que de nom.
Ensuite, je me suis évidemment intéressé à la chose pour savoir de quoi il en retournait.
Voici donc l’avis d’un cinéphile, accroc au cinéma zombiesque.
Le pitch :
Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l’arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine: enfin, des cœurs à prendre, et des bras supplémentaires pour repousser les zombies qui prolifèrent dans la région ! Mais le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d’Elizabeth, et son ardeur au combat ? Les innommables auront-ils raison de l’entraînement des demoiselles Bennet ? Les sœurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane ?
Il y aura trois types de réactions à la lecture de ce court résumé : le rejet total (comment peut on outrager une telle oeuvre ?), le rire, et l’envie irrépressible de lire une nouvelle oeuvre zombiesque.
Pour ma part, j’ai eu les deux dernières réactions !
Pendant, et après la lecture du livre, c’est un peu…la même chose !
Avec « Orgueil et préjugés et zombies », Seth Grahame-Smith a dépassé les moindres espérances que je pouvais avoir à propos de cette réalisation plutôt unique.
Le titre du livre, ne peut pas être plus explicite sur le concept. Il aurait pu, tout simplement le titrer « Orgueil, préjugés, et zombies ». Mais non, c’est « Orgueil et préjugés et zombies » !
Pourquoi cette utilisation peu naturelle du terme « et » ? Sans doute pour appuyer encore plus fortement l’ajout de « zombies ».
Une fois constaté cela, on aura tout compris.
Car, moi qui ai terminé l’ouvrage, je peux vous dire qu’il appuie très fortement.
On peut facilement imaginer sa réflexion. Il a eu cette bizarre, mais excellente, idée de tordre une oeuvre culte grâce à l’ajout de nombreuses goules. C’est déjà bien assez improbable comme ça, alors pourquoi se limiter à une oeuvre à 100% premier degrés et s’arrêter à une simple invasion de zombies ?
Autant aller dans l’excès le plus profond. Cela offre alors au livre des situations hautement improbables qui le deviennent soudainement.
L’invasion zombiesque n’a pas simplement engendré une mort massive d’Anglais. Ceux-ci ce sont adaptés à la situation. Les villes et villages ont muté. Les habitudes des britanniques aussi.
Pour savoir se défendre comme il se doit, la bourgeoisie s’est tourné vers l’Orient (Japon et Chine).
Ces derniers savent alors utiliser les arts martiaux face aux hordes de morts-vivants. Certains d’entre eux ont fait importer (pièces par pièces) des bâtisses orientales. Il y en a même qui sont escortés par des ninjas !
Et bien évidemment, les soeurs Bennet ne sont pas en reste, car durant un long et dur séjour dans un temple Shaolin, elles ont eu droit à un impitoyable enseignement des arts martiaux. Cela a fait d’elles des tueuses de zombies.
Bien sûr, tout cela porte à rire mais confère à l’oeuvre une véritable personnalité.
Si je devais la rapprocher à un film, c’est un peu comme-ci un film de série A avait été remonté avec des scènes de films de série B, voir Z !
Mais, on ne peut pas, malgré tout, dire que Seth Grahame-Smith a modifié à la truelle le travail de Jane Austen.
Il semble qu’environ 70% du récit initial a été conservé. Les ajouts sont finement intégrés grâce à un travail sur le style.
L’Américain a respecté l’essence de l’oeuvre de l’Anglaise.
Je vous avouerais, que j’ai tout autant adoré les passages lourdement gores que ceux contant l’évolution des sentiments entre Elizabeth et Darcy.
On peut alors parler ici de victoire pour Grahame-Smith.
Son livre aura su tout autant me passionner que me faire rire à gorge déployée.
D’ailleurs, un passage m’aura particulièrement fait rire. J’ai dû le lire plusieurs fois pour me rendre compte que oui, c’est bel et bien écrit. Je vous le cite ici, c’est un dialogue entre deux personnages dont je tairais le nom afin de ne pas vous « spoiler » :
« - Quand ils sont allés à Brighton, tu n’avais donc aucune raison de les croire épris l’un de l’autre ?
- Pas la moindre. Je ne me rappelle aucun symptôme d’affection chez elle ou chez lui, hormis qu’elle s’était tatoué son nom sur le ventre avec un poignard, mais elle était coutumière du fait.(…) »
Cela se passera de commentaires supplémentaires !
« Orgueil et préjugés et zombies » est donc un livre très réussi, franchement divertissant. On le doit certes à l’excellent et intelligent travail de Grahame-Smith, mais aussi (il ne faut pas l’oublier) à l’oeuvre originelle de Jane Austen.
novembre 28th, 2009 massacré par Desperate Zombie | 8 Commentaires »