
Attention, ne faites pas la même erreur que moi ! En achetant mon numéro de Mad Movies d’été, je n’ai pas vérifié quel film je pouvais avoir avec celui-ci (bien souvent les films fournis en package ne m’intéressent pas). En feuilletant le magazine, j’ai constaté avec horreur (car j’attendais ce film !) que je pouvais avoir Bad Biology avec Mad ! J’ai donc tout de même acheté le pack et j’ai Mad Movies..en double !
Bref, venons en au film.
Photographe professionnelle, Jennifer cherche l’homme qui lui fera découvrir le septième ciel. Ce n’est pas facile car la jeune femme a un appétit sexuel tel, qu’elle use littéralement ses amants. Batz, quant à lui, a aussi des soucis avec sa sexualité puisqu’il dispose d’un organe aussi actif que démesuré… Leur rencontre va avoir des conséquences catastrophiques voire monstrueuses…
Frank Henenlotter est de retour, et pour de bon ! En voyant Bad Biology, difficile d’imaginer que tant d’années ce sont écoulées entre Basket Case 3 et celui-ci ! On retrouve son style si particulier tel qu’on l’a laissé il y a 16 ans !
La filmo de Henenlotter est unique. Ses films ont une saveur bien particulière. Ils sont un véritable concentré de délires sans limites et d’humour très particulier. Bien souvent Henenlotter, comble son manque évident de budget par d’excellentes idées.
Ses idées folles pourraient pourtant dans un certain contexte ne pas lui être utiles. S’il réalisait des films pour de gros producteurs, il ne pourrait sans aucun doute les concrétiser. C’est de là qu’on peut remarquer LA particularité de sa filmographie : le sentiment de liberté. Si Henenlotter a mis sur pause sa carrière en 1992 c’est parce que justement il sentait qu’il était entrain de la perdre. En effet, on lui imposait de réaliser des suites de Basket Case (il devait y en avoir 4, il s’est arrêté au troisième).
La liberté qu’il s’octroie offre à ses films un aspect jubilatoire. On se sent bien trop souvent à l’étroit dans le carcan qu’imposent les grosses boites de productions.
D’ailleurs, Henenlotter aborde ce sujet dans son film. Quand on voit la jeune photographe se faire refuser la publication de ses photos, car soit disant trop dérangeantes, originales, le réalisateur en profite alors pour ridiculiser ce pseudo décideur et donc certains producteurs de films.
Bad Biology est donc un film purement indépendant car celui-ci est produit par R.A. Thorburn, un ami rappeur du réalisateur. C’est pour cela d’ailleurs que le film a tant une sonorité rap et qu’on retrouve certains protagonistes du milieu. Très subjectivement (car je n’aime pas ce genre musical) ça restera le défaut du film.
Même en connaissant le gaillard, on est toujours surpris par ce qu’ose montrer Henenlotter. Je ne vous gâcherais pas les surprises, mais un plan intra vaginal (sisi, regardez l’affiche !) m’aura tout de même bien marqué !
Comme vous l’aurez compris, on retrouve dans Bad Biology toute la substantifique moelle des films précédents de Henenlotter. On y reparle mutations, manipulation de l’esprit et sexe ! Sur ce dernier point, le film est particulièrement bien loti et on ne va certainement pas s’en plaindre ! Une fois encore Henenlotter nous montre les bas fonds de notre société.
Bien que constitué, pour la plupart, d’amateurs, le casting se veut tout de même de qualité comme toujours avec ce réalisateur. Pour ce qui est de la réalisation, elle est au poil. Comme montré plus haut, Franck se permet pas mal d’extravagances du point de vue de sa mise en scène.
Ce réalisateur si particulier a à la fois une filmographie qui peut être détestée (certains verront chez lui qu’un réalisateur de Z fauché) qu’adulée (c’est un véritable auteur !). Bad Biology ne dérogera pas à la règle : il provoquera autant de rejet que de jubilation.
Je fais indubitablement partie du second camp. Le plus récent film de Henenlotter (je ne dirais pas le dernier car je ne le souhaite surtout pas) a provoqué chez moi tout autant une fascination qu’une forte hilarité.
Quelques mots sur la sortie du film chez nous. Il a donc été retitré Sex Addict. Cela m’a sur le moment géné car on ne compte plus le nombre de film affublé d’un « sex(e) » pour le rendre plus racoleur. Après visionnage du film, je ne pouvais qu’avouer que celui-ci était justifié.
Comme vous l’aurez compris, le film est déjà disponible dans le packaging spécial de Mad Movies. Il sortira aussi seul le 18 Aout.
Vous pouvez télécharger le teaser ici.
juillet 14th, 2009 massacré par Desperate Zombie | 17 Commentaires »