Sodium Babies : avis
Posté le 20 novembre 2008 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film, news avec comme tags horreur, trailer, vampire, videoEté 1973, Maurice revient du service militaire, heureux de retrouver sa douce Marie-Jeanne… Bonheur de courte durée, puisqu’en proie à une violente hallucination, il abat sa bien aimée…
Sodium Babies est un film sur les vampires. Il ne faut toutefois pas limiter notre point de vue à ça. Ce film prend ce thème ultra rabâché au cinéma (et ailleurs) pour ensuite tisser sa propre toile.
Pas question ici de vampires gothiques, de love story impossible entre un vampire et une midinette. Sodium Babies ancre cette mythologie dans le réel. Les vampires y sont très puissants mais aussi très dépendants des goules qui les nourrissent. Tout comme dans la série True Blood (sortie une fois que le film était tourné), le sang y est une drogue. Les humains s’injectent le sang des vampires pour devenir des sur-hommes, des goules à la merci de leur maître. On retrouve plus dans Sodium Babies l’univers de la pègre et des dealers de drogues que celui du film des vampires plutôt classique.
On pense alors à la formidable trilogie des Pusher où le sang remplacerait la coke. On a vu plus mauvaise référence ! Des références, il y en à la pêle sans pour autant rendre le film indigeste. On ne peut que penser au graphic novel Sin City à travers des séquences à la photographie ultra contrastée où par la magie de l’excellent travail des Deka Brothers les yeux des goules perces la nuit.
Très fignolé mais pas pour autant coincé, le film vire parfois au nawak délirant. On se souviendra longtemps de la scène où Max explique à Dead Dog ce qu’est une goule et un vampire. Hilarant et didactique à la fois.
Il faut avant tout voir Sodium Babies comme un film de sensations. On est sans cesse trimballer entre les différents sentiments. Exactement comme Dead Dog, une coquille vide à l’esprit changeant sans cesse au grès des situations et des rencontres. On pensera ici à un certain Dark City.
Tout comme ce dernier et Hellboy par exemple, Sodium Babies utilise et détourne l’astuce classique du cinéma de genre : un personnage neutre qui, comme le spectateur, découvre l’univers dans lequel on le plonge.
Sodium Babies a un ton très particulier, qui fait songer aux premiers films de Dany Boyle. L’ajout de la narration par Dead Dog est une vraie bonne idée car elle renforce ce ton très particulier et lie d’autant plus cette oeuvre aux comics. On retrouve d’ailleurs cet aspect à travers les scènes d’actions très claires et classieuses. Celles-ci sont toute fois assez peu nombreuses.
Sodium Babies est bien plus qu’un film, il est la preuve d’un véritable savoir faire. Bravo aux réalisateurs (Julien et Benoit Decaillon) et aux Films De La Lymphe.
Pour celles et ceux qui n’ont pas lu mon article que j’avais déjà écrit à propos de Sodium Babies, retrouvez le trailer ci-dessous.
Pour l’instant aucune information à propos de la sortie du film en France qui sera probablement un direct-to-dvd.


