Grindhouse : Planet Terror
Posté le 22 mars 2008 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags horreur
Même s’ils ont été distribués séparément (et donc rallongés) un peu partout dans le monde, les films Grindhouse (je parle bien ici du duo de films des potos Tarantino / Rodriguez) ne peuvent pas vraiment être analysés l’un sans l’autre.Death Proof a déjà été critiqué ici, il est temps de passer à Planet Terror.
Même si ces deux réalisateurs sont proches, et on la même vision globale du Cinéma, leur propre Cinéma est très différent.
Tarantino a pris la base du concept et en a fait un pur film Tarantinien avec tout les tics que ça comporte : longs et excellents dialogues, références cinématographiques, féminisme, des plans érotiques spécial fétichistes des pieds féminin.
Alors que certains attendaient un pur film grindhouse, Tarantino en fait un film d’auteur.
Pour Planet Terror, c’est tout l’inverse. On ne peut pas parler ici de film d’auteur tant Rodriguez s’est totalement effacé derrière le concept.
Il prend l’idée du film Grindhouse et y va à fond.
Tout comme pour le film de Tarantino, ça peut être prouvé par le visuel : l’altération de l’image est ici utilisée à son maximum, rendant l’image vraiment dégueulasse par moments.
Dans le film de Rodriguez, pas de longs tunnels de dialogues, ici, le peu d’entre eux servent à (faire) poser les personnages, à faire avancer l’intrigue.
Alors que ça a été mis de coté chez Tarantino, ici le moteur du film est l’action.
Pour reprendre un terme utilisé habituellement dans l’univers de la Japanime et du Manga, il fait ici du pur « fan service ».
Les cinéphiles / geeks / dégénérés que nous sommes veulent de l’action, du gore, du sexe. Exactement le genre de leitmotiv mis en avant dans les bandes annonces grindhouse de l’époque.
Le Rodriguez offre donc tout cela, comme si ce film était un peu le pendant des zombies de Planet Terror : tellement dégueulasse et gavé de trucs que si vous appuyez dessus, ça vous gicle à la gueule.
Le film est un véritable concentré de testostérone (Bruce « Cojones » Willis, Freddy « Six Feet Under » Rodriguez), et de sexy renversant (Rose « incandescente » Mc Gowan).
Il y a un autre détail des films grâce auquel on peut relever une vision différente du Cinéma chez les deux cinéastes.
Alors que Tarantino, à travers Stuntman Mike, critique ouvertement les CGI et prône un retour aux effets spéciaux à l’ancienne, Rodriguez exhibe fièrement le logo de sa boite de production de SFX numériques avant le générique.
Rodriguez utilise encore des effets gores à l’ancienne (très réussis d’ailleurs), mais il abuse aussi d’effets numériques (pas toujours très heureux d’ailleurs).
Alors oui Planet Terror est excellent car il nous donne tout ce que l’on veut, fantasme, mais n’invente rien (quoique, les zombies ne sont pas forcément très classiques), tout en mélangeant très bien ses nombreux empreints.
Planet Terror est une oeuvre jouissive, qui ne pète pas plus haut que son cul, qui est un véritable hymne à l’amour du genre, qui a été créé pour faire craquer du slibard à la chaîne.
Pari réussi.
Reste à se demander si on peut préférer un film qui trahi intelligemment le concept de base, ou un autre qui le suit à fond.

