Gore & Pets : Black Sheep nous fait un Feast

Posté le 12 novembre 2007 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags
L’humour a une part indéniable dans l’histoire du cinéma d’horreur. Il faut toutefois préciser une chose : on parle ici de vrai films d’horreur et non de parodies du genre qui n’ont aucun respect de ce type de films. On peut penser par exemple à cette triste trilogie qu’est Scary Movie.
Pas mal de films ont réussi à merveilleusement concilier l’humour avec l’essence même de l’horreur : Severance, Shaun Of The Dead, et bien d’autres.

Terrifié par les moutons et sortant tout juste d’une thérapie, Henry revient dans la ferme familiale afin de la vendre à son frère aîné. Il ne sait par encore que ce dernier y mène des expériences génétiques à haut risque. Quand un groupe d’activistes écologistes libère un agneau mutant, des milliers de moutons se transforment peu à peu en de sanguinaires prédateurs.

Black Sheep qui se permet justement d’être drôle sans pour autant manquer de respect au genre horrifique est un bon exemple.
Se basant sur un pitch de pure série Z, le réalisateur (Jonathan King) offre à son film une réalisation digne d’une série A.
Tout en tenant clairement un discours anti manipulations génétiques, le scénario ose railler les écologistes extrémistes qui ont une part dans le désastre décrit dans le film.
Il est particulièrement jouissif de voir que les ovins au regard vide sont censés représenter une menace. C’est un peu comme-ci on avait remplacé les zombies de la nuit des mort vivants par des moutons. On peut d’ailleurs se demander si les morts vivants du film Zombie (de Romero) n’étaient pas des moutons…
Pour en revenir au film de King, celui-ci est particulièrement bon.
Il remplit son contrat de film drôle et gore.
Ces deux aspects se retrouvent d’ailleurs dans une des créatures du film : le mouton garou (!!!).
Cette bestiole est forcément drôle (car ridicule) mais aussi très bien faite, notamment grâce à des effets spéciaux à l’ancienne vraiment efficaces (technique de l’animatronique entre autres).

Dans un bar perdu au fin fond du Texas, la soirée se déroule paisiblement quand brutalement, la nuit tourne au cauchemar. A quelques pas de là, des créatures mutantes, affamées, se sont échappées d’une base de recherche militaire… Et elles ont faim de chair humaine…


Si Black Sheep peut être considéré comme un film adulte qui veut faire un peu le foufou, Feast peut être vu comme un film adolescent qui veut faire le gros débile.
Son pitch très simple, son cadre qui l’est tout autant (un huis-clos) permet au film de se concentrer uniquement sur tout ses excès.
Ceux-ci sont au service du fan, de l’écoeurement et de l’hilarité du spectateur.
Tout ces éléments sont galvanisés par des hectolitres de sang, de…vomi et de….foutre !
Oui Feast est un film gore et complètement dégueulasse.
On peut sans aucun doute le qualifier de film d’horreur paillard.
Le réalisateur ne cache pas sa joie de cracher à la gueule de tout ces films fantastiques bien trop coincés du cul (par le trop plein de codes de bien séance).
Fuck au héros américain, fuck aux enfants intouchables dans les films, fuck au cinéma américain qui prend ses spectateurs pour des abrutis en leur expliquant milles fois le pourquoi du comment.
On ne saura jamais précisément d’où vient cette famille monstrueuse (et obsédée sexuelle), et on s’en fout !
Tout est prétexte ici à l’exposition d’êtres décharnés, tout comme dans le cinéma porno où on invente le moindre prétexte pour exposer l’être charnel.
Les personnages (présentés par des fiches hilarantes) sont garnis de dialogues jubilatoires : « La bite du monstre est coincée dans la porte ! », « Non seulement il est foutu mais en plus il est con… ».
(à savoir : ce film va avoir deux suites, du même réalisateur : John Gulager)
Black Sheep et Feast sont des oeuvres réjouissantes, dignes représentatrices d’un genre absolument jouissif.