The Devil’s Rejects : critique
Posté le 5 août 2007 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags
Après la mort de son frère, le shérif Wydell ne rêve que de vengeance. Il est prêt à tout contre la terrifiante famille Firefly, et il n’hésitera pas à outrepasser la loi.Barricadés dans leur maison, les Firefly, eux, sont décidés à lui échapper par tous les moyens. Rien ne semble pouvoir arrêter leur macabre saga.
Entre les deux camps, la guerre est ouverte, et elle va s’étendre…
Les fans de The house of 1000 corpses ; dont je fais bien évidemment partie ; ont attendu avec fébrilité le nouvel opus de la série du sieur Zombie. Alimenté par un buzz plus que positif, le film a enfin débarqué en France en Juillet 2006.
Devil’s Rejects est une suite sans en être une. Le seul élément qui nous fais dire que le film se déroule après House of 1000 Corpses est la référence à un meurtre qui s’y est déroulé.
A l’époque de la sortie de son premier film, Rob Zombie avait été encensé mais aussi critiqué à propos de celui ci, notamment pas son coté nawak, psychédélique, et son aspect peut être un peu trop référentiel (dans une bonne partie du film, on pense forcément à Massacre à la tronçonneuse). Depuis, Zombie a digéré toute sa culture du ciné de genre, il peut enfin faire son propre cinéma (même si c’est un peu exagéré de dire que son précédent film ne lui appartenait pas, tant il avait une personnalité forte).
C’est donc pour ça, que Devil’s Rejects laisse tomber l’aspect MTV sous acide pour une représentation réaliste, sèche et donc très directe. Cette approche fait inévitablement penser aux films horrifiques des 70′s/80′s, ce qui n’est pas pour me déplaire. Cela est flagrant dés les premiers plans, l’image de I spit on your grave, nous revient à l’esprit. On retrouve d’autres références tout le long du film (Massacre à la tronçonneuse, encore) mais cela ne tombe jamais dans les excès de la préquelle.
Devil’s Rejects nous permet donc de suivre la virée d’une partie d’une famille de dingues, tout comme on avait pu le faire dans le film Tueurs Nés. Contrairement à ce dernier, Zombie laisse de coté (un peu) la critique de la société et des médias pour un film purement frontal. On reconnait encore une fois là le fan de film de genre. Toutefois, le film n’est pas stupide pour autant. Il nous permet de voir au plus près ce qu’est le mal à sa plus pure expression (d’où leurs surnoms de « devil’s rejects »). En cela je rapprocherais plus le film à une autre œuvre culte de l’age d’or du ciné horrifique : Henry, portrait d’un serial killer. Toutefois, Zombie ne va pas aussi loin dans l’épure, tant son film est extrêmement visuel, et rempli de fulgurante beauté tant graphique que sonore. Heureusement il ne tombe pas dans les travers des pseudo films d’horreur actuels, c’est à dire du craspec propre sur lui (ça existe, la preuve !).
On suit donc de très prêt cette famille autant dérangeante que parfois attachante. Le mal est bel et bien humain. Il serait facile ; tout comme dans l’enfance ; de croire que l’homme peut être soit tout blanc, soit tout noir. Le mal s’insinue partout, même dans un si bel écrin qu’est Sheri Moon Zombie.
Le film est extrêmement riche. Il ne tombe finalement pas dans la surenchère gore, mais ce n’est pas gênant tant celui ci sait être déstabilisant. Pire encore qu’un film gore, Devil’s Rejects nous fait apprécier ces monstres, ces rebuts du diable. Durant quelques scènes de « détente » on se surprend à rire en compagnie de la petite troupe, puis deux secondes après, on se prend en pleine gueule les souvenirs d’un meurtre ignoble ayant eu lieu il y a quelques minutes. C’est de là que vient la richesse du film, un retournement de point de vue continuel. Parfois on a peur pour ces pauvres gens détruits par la troupe, et d’autres fois on a peur pour ces mêmes personnages. Cela en devient totalement fascinant.
Pour en venir aux aspects techniques et artistiques, Zombie ; comme je l’ai dit plus haut ; a mis un frein sur ses expérimentations visuelles afin de poser sa caméra pour rendre les actes décrits tout le long de son film plus tangibles. Mais, par quelques effets bien venus (dont un balayage de l’écran bien typique des 70′s) il réussit à donner une personnalité à son film, et à ne pas tomber dans la réalisation « plan plan ». L’aspect sonore n’est pas en reste, entre les nappes sonores appuyant l’aspect craspec du film et les chansons judicieusement choisies (des tubes ou de la country 70′s). Pour ceux qui ont vu le film, ils comprendront que ces chansons sont importantes, dont durant la fin absolument magnifique.
J’en viens rapidement au casting du film, absolument parfait. On a droit une véritable galerie de « gueules ». Il est facile d’imaginer la gueule du tournage avec tous ces mecs au visage buriné ! Ces acteurs (et actrices il ne faut pas l’oublier) se révèlent très convaincant(e)s. Ils le sont tellement, qu’ils semblent littéralement habités par leurs rôles ! Et quel plaisir de retrouver certains acteurs cultes qui ont joué dans des bon vieux films d’antans, qui sont tout autant cultes. Dites bonjours à Mickael Berryman (La colline à des yeux, l’original, qui nous a quitté depuis), à Ken Foree (Zombie).
Rob Zombie confirme donc qu’on a bien eu raison de croire en lui. On a plus qu’à attendre avec impatience son Halloween. Le nouveau génie de l’horreur est enfin là.
In Rob we trust !

