Silent Hill : critique

Posté le 4 août 2007 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags

De plus en plus souvent, la petite Sharon rêve d’une ville abandonnée, Silent Hill. Sa mère, Rose, décidée à comprendre l’étrange mal dont souffre son enfant, décide de l’accompagner sur place. Alors qu’elles pénètrent dans cet univers lugubre, Sharon disparaît. Rose se lance à sa poursuite, mais se rend vite compte que ce lieu étrange ne ressemble à rien de normal. Noyée dans le brouillard, peuplée d’étranges créatures, hantée par des ténèbres vivantes qui dévorent littéralement tout ce qu’elles touchent, cette dimension va peu à peu livrer ses terrifiants secrets… Avec l’aide de Cybil, de la police locale, Rose se jette dans une quête éperdue pour arracher sa fille au monde de Silent Hill. D’indices en épreuves, elle va découvrir tout ce que Sharon risque et ce qu’elle représente dans une malédiction qui dépasse tout…

Silent Hill représentait pour moi le projet parfait : un Christophe Gans talentueux et fan de jeux vidéo, une bonne équipe de scénaristes, un travail graphique d’orfèvre. La première bande annonce avait mis tout le monde d’accord : ce sera enfin l’adaptation ultime d’un jeux vidéo.

A la fin du visionage, il était assez déstabilisant pour moi de ne pas savoir dire si j’avais aimé ou non. Comme j’ai dis, plus haut, tout est réuni pour que ce soit un pur chef d’oeuvre. Durant le film, on retrouve la magnifique et angoissante BO du jeu, les créatures sont pour la plupart réussies (mention spéciale à l’incroyable homme pyramide), l’univers est superbe, l’histoire de ce culte étrange est intéressante (il m’a d’ailleurs fait penser à Resident Evil 4, je ne sais pas si j’ai raison), on retrouve certaines scènes qui semblent tout droits sorties du jeu, des scènes sont d’ailleurs déjà cultes (l’apparition de l’homme pyramide, la scène des WC, la sirène qui amène l’ « univers dark »).

Mais pourtant, tout ça ne suffit pas. Les défauts s’accumulent : la direction des acteurs est inexistante (mais Jodelle Ferland est tout de même impressionnante dans le rôle de Sharon / Alessa), Christophe Gans n’est pas fichu d’installer une situation de tension (la faute à un rythme lent et saccadé, des plans larges sur les magnifiques décors alors qu’on aurait du avoir droit à des plans serrés pour appuyer l’enfermement et l’inconfort, une héroïne qui se sort des mauvaises situations bien trop facilement), les personnages sont inintéressants (la policière en tête), les créatures sont très mal exploitées (quelques minutes pour chacune), le film a un coté bien trop numérique alors qu’il aurait du être très organique, moite (aucune scène n’indispose, ne dégoute vraiment), le film est assez soft finalement alors que la scène finale est outrancièrement gore.

Au bout du compte on se retrouve avec un film (trop) esthétique qui ne fait pas peur ou presque. Qui ne remplit donc pas son rôle de film d’horreur ni d’adaptation d’un jeu vidéo. Mais pour relativiser mes propos, il faut bien se rendre compte qu’adapter un jeu vidéo n’est pas chose facile. Les nombreuses adaptions d’œuvres videoludiques cultes qui sont pour la plupart médiocres, le prouvent bien. La comparaison entre l’adaptation de Resident Evil et celle de Silent Hill, permet à cette dernière de s’en sortir largement grandie.

On peut se demander si cette adaptation de Silent Hill ne serait pas tout simplement la vision d’un gamer (Christophe Gans en l’occurrence) à propos d’un de ses jeux favoris.

Il verrait donc Silent Hill comme un jeu d’exploration et non un survival ? Mouais… Je vous conseil plutôt de voir l’échelle de Jacob.