Severance : critique

Posté le 5 août 2007 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags
Six personnes de la société de vente d’armes Palisade Defense se rendent à un week-end de paint-ball organisé par leur entreprise. Malgré l’étrangeté des lieux et les rumeurs qui s’y rapportent, le week-end démarre plutôt bien jusqu’à ce que les participants découvrent qu’ils sont épiés. Le massacre commence alors.

Severance est sorti il y a peu en dvd. Il fait sans aucun doute parti des très bon éléments de la nouvelle génération de films d’horreur anglais. On doit d’ailleurs ce film à l’un des instigateurs de cette nouvelle génération : Christopher Smith. Celui-ci a en effet réalisé Creep, un excellent film craspec et tétanisant.

Pour Severance, il a décidé de laisser tomber le 1er degrés pour…un « mélange de degrés ». Il réussit le même tour de force qu’une autre grande oeuvre de cette nouvelle génération : Shaun Of Dead. Que ce soit dans le film de Edgar Wright ou celui de Christopher Smith, on passe sans cesse de l’humour à l’horreur. Le tout se mélange à merveille sans jamais tomber dans les travers de la parodie et donc du non respect du genre. Severance excelle d’ailleurs au niveau de ces deux pôles. Il est tantôt hilarant, tantôt glaçant.

Cette bipolarité se retrouve d’ailleurs dans le surréalisme et l’ultra réalisme que le film conjugue à merveille. Les différentes « histoires » narrées par les personnages durant le repas sont particulièrement représentatives de cela. Chacune d’entres elles se caractérisent par une imagerie propre (l’une par une réalisation et un noir et blanc typique du cinéma horrifique des années 30, et l’autre par une caméra à l’épaule plongeant le spectateur dans un réalisme cru), mais aussi par une thématique propre (l’histoire très cinématographique d’un asile, puis celle très réaliste et proche de l’actualité de groupes armés d’Europe de l’est).

Cela déstabilise donc quelque peu, d’autant plus que Christopher Smith se joue des codes d’un genre ultra classique qu’est le survival. Il est particulièrement plaisant de se voir presque interpelé directement. L’exemple parfait est cette scène où un des personnages principaux se retrouve face à un « ennemi » en position de faiblesse et fini par l’achever. Ce personnage s’exclame alors : « je l’ai tué parce qu’on va me reprocher de ne pas l’avoir fait ». On parle ici frontalement au spectateur qui a l’habitude de hurler toute sa colère face à un personnage de survival qui a la supposée stupidité de ne pas tuer son bourreau quand il le peut.

Enfin, il est particulièrement délectable de noter toute l’ironie de ce film où des membres d’une entreprise, qui fournit en armes tout les grands conflits mondiaux, se font trucider un à un.

Il aurait été possible de pousser un peu plus loin l’analyse de ce film, mais le risque de spoiler aurait été bien trop grand.

Il faut relever que Christopher Smith prouve ici que Creeper n’était pas qu’un simple coup de chance mais un réel début de carrière d’un maître de l’horreur tant celui-ci n’est pas dénué de talent pour mettre en place une réalisation certes fine et classieuse mais surtout un malaise pénétrant.

Cette réalisation, le travail sur le montage, la construction des personnages (même si certains sont caricaturaux), ce qu’en font des acteurs particulièrement doués, le travail sonore, les effets gores très réussis, permettent au film d’avoir une certaine efficacité.

Pour conclure, Severance est certes un film finalement assez classique, mais en grattant un peu, on retrouve tout ces éléments cités plus haut qui offrent au film une identité propre. On peut alors songer à cet âge d’or du cinéma horrifique qui est désormais loin mais où n’aurait sans aucun doute pas dépareillé Severance.

A noter que pour le visuel du dvd français l’éditeur a décidé de ne pas conserver pour le packaging, la superbe affiche présente au début de cet article pour le remplacer par une autre faisant penser à un bête slasher des 90′s… Dommage