L’au-delà : critique

Posté le 4 août 2007 par Desperate Zombie dans Cinéma, critique de film avec comme tags , ,

Pendant toute une époque, le cinéma italien s’est gorgé d’influences (pour ne pas dire de plagiats, de copies) de films à succès américains. On ne compte plus les ersatz de Mad Max et autres films d’horreur (oui je sais, ce n’est pas un film américain).

Lucio Fulci s’est donc plongé dans cette mouvance en créant sa propre trilogie des Morts Vivants, parallèle bien évidement à celle de George Romero. De cette trilogie, je n’ai vu que L’enfer des zombies, et L’au-delà. C’est de ce dernier dont je vais faire une mini analyse.

Ce qui m’a surpris dés le début du film, c’est l’intro dont la photographie est superbe, et la réalisation assez recherchée voir sur certains plans très classieuse. Ces deux points vont se confirmer tout le long du film. J’ai été surpris car, il faut le dire, ce genre de production ne brille en général pas du tout par sa mise en scène et sa photographie. L’enfer des zombies est d’ailleurs très plat à ce niveau. Au début j’ai même cru que je m’étais trompé de dvd eheh ! A travers cette intro, ont est directement plongé dans l’ambiance poisseuse et esthétisante du film. Le coté gore, très voyeuriste du film nous explose à la figure.

L’accumulation de gros plans sur les chaires dépecées est extrême. Heureusement, le film a assez bien vieilli niveau effets spéciaux. On passe aussi bien d’un effet saisissant, à un autre absolument ridicule (les araignées en plastique !). La musique du film est aussi assez inégale. Je trouve le thème principal très beau, mais d’autres nappes sonores sont bien trop typées 80′s. D’un autre coté, la bande sonore d’outre tombe est très efficace.

Le scénario, aaaaaaah le scénario, n’est ici qu’un prétexte à l’exposition du gore, jugez plutôt :

En 1927, dans un hôtel de la Nouvelle-Orléans, un peintre est fouetté à coup de chaînes puis défiguré à la chaux vive pour avoir osé peindre une toile représentant l’enfer. En 1981, Liza Merrill hérite de ce même hôtel. Alors qu’elle décide de le retaper en vue d’une prochaine réouverture, une série d’accidents macabres vient compromettre les rénovations. Des phénomènes surnaturels font leur apparition, puis ce sont les morts qui se mettent à marcher. Et si l’hôtel était construit sur l’une des sept portes de l’enfer ?

Celui ci tient à peine debout, et est finalement peu développée dans le film.

L’ambiance est assez spéciale car, le film est lent, Fulci s’éternise éternellement sur les massacres, certaines scènes sont assez surréalistes, on se demande parfois ce qu’elles font là. A travers ces points, le film peut être considéré comme une véritable poésie macabre. La fin assez abstraite confirme cet aspect lyrique du film.

Evidement, il faut aimer ce genre de film. C’est tout à fait ce type de film qu’on peut très facilement tourner à la dérision voir même détester. Mais croyez moi que se plonger dans un telle oeuvre est absolument passionnant.