I spit on your grave : critique

Posted by Desperate Zombie on août 08, 2007 in Cinéma, critique de film tagged with
Pour celles et ceux qui connaissent un peu l’anglais, le titre doit leur paraître plutôt agressif : « je crache sur ta (votre) tombe ». Ce titre provocateur ; tout comme l’affiche ; est attaché à un film de Meir Zarchi qui date de 1978. Il fait donc partie de ces films sans concessions comme par exemple La dernière maison sur la gauche de Wes Craven. D’ailleurs, ces deux films ont un point commun : ils sont rangés dans un sous genre du cinéma horrifique, le « rape and revenge« . Ce genre de film est toujours scindé en deux parties : des jeunes filles sont enlevées par un groupe de personnes, qui les violent, torturent et laissent vivantes, la seconde partie conte la vengeance de ces femmes détruites.

A travers l’explication de ce principe, je vous est tout bêtement résumé I Spit On Your Grave. En effet, il n’ira jamais plus loin que ce principe. Cette femme donc, qui débarque dans un coin paumé pour écrire son roman, se retrouve confrontée aux pecnots du coin. Celle-ci se fait longuement violée. Ces scènes sont particulièrement éprouvantes tant le réalisateur les met en scènes d’une manière purement réaliste, et sans aucune complaisance ni pour la fille, ni pour les violeurs. On est face à la réalité, point.

Vient ensuite la deuxième partie du film, bien plus intéressante finalement tant la première partie est pleine de longueurs, mais motivée sans doute par une volonté de réalisme poussé. Les meurtres se suivent et ne se ressemblent pas. Quelque chose est assez surprenant dans ces meurtres : ils se déroulent tous de manière à ce qu’on ne voit aucun détail gore, et sont perpétrés dans l’eau (que ce soit le lac, ou une baignoire). Ce dernier détail, l’apparente piété de la femme, ainsi que sa tenue blanche émaculée semble appuyer sa volonté de purification.

Ce genre de film est intéressant tant il met le spectateur face à ses plus bas instincts et démontre jusqu’où l’homme peut aller à partir du moment où la société n’est plus là pour lui imposer des limites. C’est vrai aussi bien pour les violeurs que pour la violée.

Pour résumer, on peut dire que ce film est intéressant, parfois dérangeant mais pas trash comme sa réputation voudrait nous le faire croire. Le film est parfois maladroit dans sa mise en scène et dans son interprétation. Un film à voir donc pour ceux qui veulent se faire une petite culture dans le cinéma de genre, d’autant plus que l’excellent dvd est trouvable pour une poignée d’euros dans les solderies. Pour parler de ce dvd d’ailleurs, il a d’énormes qualités techniques (une image parfaite pour un film d’un tel budget et de cette époque, un son parfait, je vous conseille de préférer le mono plutôt que ces remixes 5.1 inutiles) et aussi de bonnes qualités éditoriales (commentaire audio passionnant, et superbe affiche d’origine conservée pour le visuel du dvd).

Ce film fait bien évidement partie de ceux dont on a du mal à dire si on les aime ou pas, tant il nous mettent dans des situations inconfortables. A ce propos, un parallèle avec l’excellent Irreversible peut être intéressant. Ce dernier reprend en effet le principe des « rape and revenge » à travers une structure inversée et une scène de viol qui explose les limites du soutenable.