Archives de août 2nd 2007

Dead Silence : critique

Ah bah tient ! Un film dont j’ai omis (volontairement) de vous causer ! Ne me demandez pas pourquoi, enfin si, en fait je ne sentais vraiment pas ce film… Donc inutile d’en causer sur DZ si c’est pour le critiquer sans même l’avoir vu. Ce n’est vraiment pas mon style (quoi si ?).

Bref, on doit ce film à une partie de la team du Saw originel (avec notamment James Wan à la réal). Le pitch :

Un homme revient dans sa ville natale pour enquêter sur la mort mystérieuse de sa femme. Au fur et à mesure de ses découvertes, il apprend que le meurtre de sa femme pourrait être mêlé au fantôme d’une ventriloque qui continuerait à vivre à travers ses marionnettes…

Bon, je vais vous donner mes impressions en (faux) live pendant une partie du début du film : « Ouah, le générique est sacrément esthétique, on y découvre la création de la poupée de ventriloque « parfaite ». Le film va avoir un visuel léché.
Pour l’intro du film, on nous fait le coup du petit couple parfait où tout va bien au début avant qu’un truc horrible se passe ! Tient ils ont reçu une poupée, elle est vraiment superbe, je veux la même ! Elle fait carrément penser à Saw ! (la team de Saw obsédée par les poupées glauques ?! Bientôt : the living dead dolls the movie !?). Bon le mec se casse, la fille se retrouve seule avec la poupée. Oula ça fait trop penser à Chucky…. Ah bah non ! Là ça fait trop penser au remake complètement naze de The Ring… Ah bah non ça fait penser à…d’autres trucs !
Ouais bon…le mec qui tient le rôle principal (Ryan Kwanten) a autant de charisme que mon slip en fin de journée… »

Enfin bon, pour résumer, le film a un esthétisme absolument superbe (les poupées, la photographie magnifique constituée uniquement de bleu et de rouge, la parfaite utilisation du scope de la part de Wan), le travail sonore est très bon. MAIS on n’a quasi pas peur (voir pas du tout), le scénar est plutôt bof même si l’histoire de la ventriloque damnée est bien sympa. Et ce Ryan Kwanten gâche vraiment le film car il tient le rôle principal qui est censé jouer le rôle (justement) du lien entre nous et le film. Du coup on ne plonge pas du tout dedans…

Wan et ses compères avaient fait les petits malins dans Saw avec un twist hallucinant, ils nous refond le même coup pour Dead Silence avec moins d’efficacité. Ca a au moins le mérite de toujours surprendre. Mais attention de ne pas tomber dans les travers M./Night Shyamalan qui en a fait un automatisme ridicule.

Un petit film de fantômes sympathique, sans plus.

août 2nd, 2007 massacré par Desperate Zombie | Pas de commentaires »

Death Proof : critique

Dire que Grindhouse a été le fruit de nombreux fantasmes est un euphémisme. L’idée de recréer à notre époque un concept porteur de toutes les valeurs (si on peut appeler ça comme ça) du pur cinéma d’exploitation en a fait jubiler plus d’un. D’autant plus que cette idée sort tout droit de l’esprit tordu de vrais amateurs du genre : Tarantino et Rodriguez. Cette œuvre régressive a pourtant eu très vite un goût amer.

Pour parler clairement, Grindhouse s’est totalement planté lors de sa sortie aux USA. L’aspect totalement décalé de l’œuvre (double programme et quelques autres éléments) en ont rebuté plus d’un. Le distributeur a même du rédiger une notice pour que les spectateurs ne partent pas à la fin du premier film…
Pour le reste on le sait, dans le reste du monde, on a uniquement droit à un version rallongée des deux films, sans l’aspect double programme et les friandises que constituaient les fausses bandes annonces. Une aberration totale sachant que ça constituait la substantifique moelle de l’œuvre.

C’est donc une version rallongée de Death Proof qui est sortie il y a quelque temps. Cela en constitue un point fort mais aussi un point faible. Le point fort est qu’on a plus de matière à visionner et que les dialogues « tarantinesques » sont plus présents. Mais ce dernier point est aussi la faiblesse du film tant ceux-ci sont longs et charcutent donc le rythme enlevé du Death Proof qu’on aurait du avoir sous les yeux. Ce film devait être un élément de l’œuvre festive qu’aurait du être Grindhouse. Il devait être vu dans un certain contexte. Celui-ci n’est plus, et de ce fait, le dernier film de Tarantino a perdu une partie de son charme.

Ces fameux dialogues sont tel une signature de Tarantino même si ces derniers sont étrangement très portés sur le sexe (Tarantino fan de sex & the city ?). Le coté faussement rétro (par la musique évidemment mais aussi par ces faux raccords, sautes d’images, et la colorimétrie délavée), les nombreux plans sur les pieds des nombreuses pin-up du film (fétichiste !) et le coté référentiel (voir autoréférentiel, je vous laisse le plaisir de le découvrir) sont aussi là pour nous marteler dans la tête le nom de cet ancien loueur de cassettes. Ils donnent à ce film une forme de fan-movie faisant du pied (toujours cette histoire de pieds) aux connaisseurs.

Le film prend donc son temps pour installer tout ça et fini par presque oublier la raison de son existence : craquer les slibards des fans de ciné d’exploitation d’antan ! Autant être prévenu de suite : Death Proof contient uniquement deux scènes du genre coupées elle-même en deux. Comme pour un bon porno, on attend la fin des interminables dialogues pour enfin se faire plaisir. Ces scènes sont donc « jouissives » (surtout qu’on les a longuement attendues), mais finalement pas si gore que ça. Death Proof n’est pas un film d’horreur, il faut le savoir. Pourtant, ça n’enlève en rien à la jubilation qu’offrent ces longues poursuites où explosent chaires et ferrailles. Un pur plaisir régressif.
Cet aspect jubilatoire est démultiplié par un Kurt Russel au sommet de son art dans un rôle totalement ambivalent.

Du coté du casting, il ne faut surtout pas oublier les nombreuses déesses présentes dans le film à travers leur sensualité mais aussi leurs couilles. Car si pendant une partie du film, Tarantino reprend l’aspect misogyne de ce cinéma d’exploitation, il a très vite le plaisir d’inverser le tout pour faire de Death Proof un pur film badass sexiste(d’ailleurs, une des demoiselles porte un t-shirt où ce terme apparaît). Une autre signature du maître qui nous a souvent prouver qu’il adore les héroïnes.

Alors, Death Proof, déception ou non ? C’est une déception si vous venez voir un film d’horreur / d’exploitation intense, ça ne l’est pas si vous êtes fan de Tarantino (même si Death Proof est son œuvre la plus mineure).

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